LE CRASH DE JACQUES DARTEVELLE EN MISSION AU DESSUS DE LA POCHE DE LA ROCHELLE


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A bord de son Dewoitine D 520 le lieutenant Jacques DARTEVELLE vient de décoller de l’aérodrome de Cognac Chateaubernard pour une mission au dessus de la poche de La Rochelle.

Nous sommes le 1 mars 1945, la France est presque entièrement délivrée de la botte Nazie. Seules quelques poches allemandes subsistent sur notre territoire.

Jacques est pilote de chasse au sein de la GC II/18 Saintonge anciennement FFI Doret. Ce groupe ayant été reconstitué après la libération en 1944, est constitué d’avions trouvés à l’usine SNCASO de Blagnac. Il  est positionné à Bordeaux Mérignac avec un détachement sur la ville de Cognac où se trouve le commandement des forces aériennes atlantiques.

Dans l’attente de recevoir des Spifires, les pilotes français volent avec des Dewoitine D 520. Avions français , d’une envergure de 10 m et d’une longueur de 8,75 m, ils peuvent  atteindre la vitesse de 540 km/h. Lors de la campagne de France en 1940, ils ont largement prouvé leur efficacité face au Messerschmitt 109 de la Luftwaffe. Ils sont armés de 4 mitrailleuses et d’un canon de 20mm, bien qu’un peu moins rapides que leurs concurrents ils sont plus maniables et sont les seuls avions de la chasse française à pouvoir le concurrencer .

 

L’efficacité du matériel et la bravoure des pilotes ne purent compenser la mauvaise stratégie du haut commandement et la faiblesse du nombre de ces avions remarquables.

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Le lieutenant est expérimenté et compte une victoire homologuée à son actif.

Cette action eut lieu le 12 mai 1940 au dessus de la Belgique où à bord d’un Morane Saulnier Ms 406 il abattit en compagnie de trois autres chasseurs un Henschel 126.

Ses nombreuses missions et ses différents combats lui ont valu une première citation le 3 juin 1940, accordée par le Général Astier commandant la zone opération aérienne Nord.

Le 20 mai 1940 il a également fait acte de bravoure alors qu’il était en mission de couverture.

Seul, il a attaqué une importante formation allemande de bombardement . Au cours de l’engagement atteint par de nombreux projectiles il a posé son avion en feu dans les lignes françaises .

Ce brillant fait d’arme lui permit d’obtenir sa deuxième citation, accordée par le Général commandant en chef des forces aériennes françaises en date du 23 juin 1940

En ce mois de mars 1945, la ville de La Rochelle est encore aux mains de l’armée Allemande, son chef le contre amiral Stirlitz n’est pas un fanatique Nazi et ne compte pas détruire la ville et ses installations portuaires. Les français désirant préserver ce port atlantique et ne pas le voir soumis à une destruction assurée, commencèrent des négociations en la personne du capitaine de frégate Meyer.

Les deux marins, le français et l’allemand en hommes d’honneur s’entendirent et une convention fut signée entre Stirlitz et Meyer émissaires du gouvernement provisoire de la République Française.

Cet accord signé en octobre 1944 délimitait deux zones, une aux mains des allemands et l’autre des français . Entre les deux, une zone formait tampon.

Les 17000 hommes de la garnison Allemande étaient encerclés par les forces françaises de l’intérieur venues des maquis du grand Sud Ouest. Peu à peu remplacées par des forces régulières où s’amalgamaient des jeunes recrues et des anciens FFI aux ordres du colonel Chêne.

La principale préoccupation des troupes allemandes encerclées ,était la subsistance .  La difficulté de se procurer des vivres fut la cause des combats dans la poche de La Rochelle.

Le 1er mars 1945, 3000 allemands fortement armés soutenus par de l’artillerie et des mortiers tentèrent une percée au centre et au sud du secteur contrôlés par les hommes du 114 Régiment d’infanterie.

Cette attaque en direction de Mauzé sur le Mignon et Saint Hilaire la Palud amène la prise de Saint Jean de Liversay. La 2ème et la 8ème compagnie sont acculées à la reddition par manque de munition.

Le petit village ne restera que quelques heures aux mains des Allemands, une violente contre attaque des hommes du colonel Chaumette les contraindront à faire repli dans leur zone en emmenant un bien maigre butin à savoir quelques têtes de bétail, deux chevaux et des vieux véhicules agricoles.

Malheureusement cette stérile incursion occasionna la perte de 17 jeunes français de 41 blessés et de 293 prisonniers.

La mission du lieutenant DARTEVELLE en ce 1er mars fut de soutenir le 114 RI dans le secteur des marais de Saint Jean de Liversay. Après avoir effectué sa mission volant au dessus du village de Ferrière d’Aunis il perdit subitement de l’altitude et vint s’écraser sur un arbre.

Le choc violent ne laissa aucune chance au pilote malgré l’arrivée rapide des habitants de Ferrière.

Monsieur Paul Trémoulinas sortit le corps sans vie du jeune soldat, la dépouille fut ensuite conduite chez Monsieur Louis Chiasson. La gendarmerie de Nuaillé d’Aunis récupéra ensuite son corps pour être acheminé vers le lieu de sa sépulture en région parisienne.

Les restes de l’appareil furent démantibulés par les paysans du coin et le moteur pourtant la pièce la plus lourde disparu à tout jamais.

Jacques Dartevelle né le 24 janvier 1915 à Paris avait à peine 30 ans lorsqu’il périt victime de son devoir à quelques jours de la fin de cette triste guerre. Il laissait une jeune veuve.

Son corps repose au cimetière d’Enghien les Bains.

Brillant militaire qui a fait son devoir héroïquement en 1940 dans des conditions très difficiles pour l’armée Française et qui a sut reprendre du service au moment de la libération du territoire afin de terrasser les derniers occupants de notre patrie.

Le 13 mai 1947 il reçut sa dernière citation à titre posthume .

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Puisse ces quelques phrases ressusciter un instant une victime oubliée de cette tragique épopée.

Ps : L’avion s’est écrasé à proximité de l’actuel mémorial de la poche de La Rochelle

Remerciement à un habitant du village de Ferrières d’Aunis pour les renseignements et les photos.

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LE CHARIVARI DU BERGER DE VILLOUETTE

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En ce lundi 26 novembre 1736, le cortège de la noce s’ébranle, un violoneux engagé pour la circonstance ouvre la marche, oripeaux au chapeau il commence sa mélopée, les mariés Pierre et Françoise lui emboîtent le pas. La famille et les amis groupés derrière , forment un ruban qui serpente sur le chemin qui mène à l’église.

Lui est berger au hameau de Villouette, elle, fille de Saint Bon en Brie Champenoise demeure avec sa mère au bourg principal.

L’église sise au village n’est qu’ à une portée de sabots de Villouette.

A mi chemin, l’assemblée perçoit un bruit sourd qui va s’amplifiant au rythme de la marche.

Ce bruit que les mariés redoutent , chacun le connaît et s’y attend.

Pierre regarde Françoise et d’un sourire l’apaise.

A vrai dire tout sépare ces 2 êtres.

Pierre François est né au siècle du grand roi en 1663, noueux comme un cep de vigne, la peau brune et tannée par des décennies de pacage il se dresse encore fièrement.

Elle, blonde, les joues rosées, la poitrine belle et gonflée de ses 2o ans semble offerte en offrande à un vieux guerrier concupiscent.

Elle est née en 1716, l’homme qui lui tient le bras pourrait être son grand père. Plus d’un demi siècle sépare les 2 êtres. Union monstrueuse entre le minotaure et la jeune vierge.

Françoise n’avait évidement pas eu le loisir de discuter, au prix de négociations très serrées, un contrat avait été passé entre le berger Pierre François et la mère de Françoise la veuve Clement.

Que la jeune fille n’eut pas le droit au chapitre rien d’exceptionnel à cela, les épousailles n’étaient pas une histoire d’amour mais un contrat liant 2 parties . L’originalité  de celui ci réside  surtout dans la très grande différence d’age.

Lui était veuf depuis 1 an et n’entendait pas se passer d’une compagne dans sa couche. Alors quitte à prendre femme autant en prendre une jeune. Il avait un peu de biens et  était très âgé, l’affaire pourrait finalement se révéler excellente pour Françoise. Elle ferait une très belle veuve, jeune, avec un petit pécule et surtout émancipée de toute pression familiale, elle serait convoitée comme toutes les veuves et choisirait parmi ses futurs prétendants.

Nous n’en sommes évidement pas là, car pour le moment la noce s’est immobilisée.

A l’entrée du village un attroupement sonore s’est formé, composé de jeunes hommes et de quelques filles,ils ont revêtu des vieux habits et certains se sont enveloppés de peaux de bêtes.

Chacun à la vue de la noce frappe de toutes ses forces sur des casseroles, des chaudrons, des poêles ou des pelles. Une furie fait tourner une crécelle et une autre munie d’un sifflet émet un son strident qui perce dans le concert sourd des instruments culinaires.

Du concert sonore émergent des invectives grossières à destination des 2 mariés.

En ce monde paysan, les coutumes bonnes ou mauvaises ponctuent la vie autarcique des villageois.

Tout ce qui n’est pas coutumier est condamné par la vox populis, une union mal assortie, des veufs et des veuves qui se remarient trop rapidement, un mari battu ou cocu engendrent une émotion populaire que l’on nomme charivari.

Or, Pierre est veuf et le barbon a 53 ans de plus que sa future bergère.

L’événement est peu banal et se doit d’être célébré.

La famille François composée de Pierre et de ses 2 fils Edmé et Jean, est une famille respectée, le charivari se passera dans les règles de bienséance et les braillards se conduiront avec décence.

C’est que plusieurs degrés de charivari existent en fonction de ce qui est reproché aux épousés, le charivari simple celui qui est fait pour des mariés dont l’age est un peu disproportionné ou les veufs et veuves qui s’unissent trop vite après leur veuvage. Dans ce cas un chahut sonore est organisé le soir des noces, les mariés régalent en abondance et chacun s’en retourne dans la bonne humeur.

Dans le cas de Pierre et Françoise la différence d’age est tellement énorme que les jeunes du village s’étaient décidés pour commencer le charivari quelques jours avant la noce et de le poursuivre le jour de la célébration en effectuant en quelques sortes un défilé parallèle . Pour faire cesser ce tintamarre Pierre doit maintenant payer une rançon que se partageront les importuns. Bien sur ce paiement en argent dûment négocié ne dispensait pas de rincer le gosier des trublions.

Il restait un autre cas bien plus délicat, le charivari organisé pour un homme battu ou cocu. La mascarade se transformait en une sorte de bacchanale expiatrice ou les mauvais penchants de chacun ressortaient avec envie. Il y avait bien sur le bruit, mais se rajoutait à cela la course à l’âne.

Les mariés devaient monter sur un âne, lui à l’envers en tenant la queue de la bête et elle dans l’autre sens. Ils étaient ensuite promenés dans la tenue dans laquelle on les avait trouvés dans tout le village sous les quolibets et les invectives de la foule . Formellement interdit cet exutoire populaire pouvait fort mal tourner, coups et blessures, humiliation et parfois arrestation suivies de condamnation.

Nous n’en étions pas là pour Pierre et Françoise, le charivari avait bien commencé il y a quelques jours, mais notre berger avait payé sa rançon, il en serait quitte pour un chahut bruyant.

A l’entrée du village il fallut quand même payer un petit supplément pour que le cortège puisse pénétrer dans l’enceinte sacrée de la demeure du seigneur.

La cérémonie se déroula ensuite suivant le cérémonial immuable, église puis banquet paysan.

La nuit de noces qui s’ensuivit se passa à merveille, le vieux berger encore vert honora la jeune génisse tel le minotaure Crétois.

La vigueur de Pierre ne fait d’ailleurs aucun doute pour personne, car la petite Françoise malgré sa belle robe et son beau tablier a eu du mal à cacher son ventre qui s’arrondissait et ses seins qui s’alourdissaient.

Le curé va pouvoir faire de jolis sermons sur la concupiscence et la paillardise.

La naissance eut lieu le 28 avril 1737, soit 5 mois après son mariage. Tient, tient le vieux grigou avait croqué la belle pomme dès le mois de juillet 1736.

Il était veuf depuis seulement 1 an.

C’était il servi sans consentement ?

Plus que probable, l’amour d’un vieux paysan avec une jeune nymphe ne se trouve que dans les contes  et l’on peine à croire à un rapport librement consenti . Quoi qu’il en soit, le viol si tel a été le cas avait du être réparé et un consensus trouvé. Ils avaient été contraints au mariage, l’honneur était sauf.

Il ne faut sûrement pas chercher une morale à cette histoire, le berger mourut octogénaire  6 ans plus tard en ayant eut soin de faire un deuxième fils à sa jeune femme.

Qu’est devenue la jeune femme, nul ne le sait, en 1763 lors du mariage de Jean son premier  fils le curé de Saint Bon déclara qu’elle était absente du village.

Jean fit souche en Seine et Marne du coté de Chaumes en Brie et de Verneuil l’Étang. Je suis issu en droite ligne de cette union pas ordinaire.

REPÈRES CHRONOLOGIQUES

Naissance Pierre François le 25/01/1663 à Esternay dans la Marne

Naissance Françoise Clement le 03/08/1716 à Les Essart le Vicomte dans la Marne

Premier mariage de Pierre avec Louise Dulot avant 1690.

Deuxième mariage de Pierre avec Françoise Clement le 26/11/1736 à Saint Bon dans la Marne

Mort première femme de Pierre le 22 mai 1735 à Saint Bon dans la Marne

Mort de Pierre François le 3 avril 1742 à Saint Bon dans la Marne.

Voila l’histoire peu banale de mes ancêtres le berger de Villouette et de sa jeune épouse,  bien sur la narration est romancée mais les faits et les dates bien réels. Le charivari était pratique courante. Le mariage arrangé, était de mise. Le viol considéré comme un ravissement de l’honneur et non comme une violence faite à la femme faisait souvent l’objet d’un négociation avec compensation financière. Cette petite ingénue, orpheline de père et sans le sou ne devait guère avoir un honneur non négociable.

Les mentalités n’étaient guère évoluées sur le sujet en cette époque reculée, mais le sont elles réellement de nos jours ?

Une telle histoire  se devait bien d’être contée.

Moi jusqu’à mon ancêtre le berger de Villouette

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LES RÉHABILITATIONS DE MARIAGE


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En parcourant les registres paroissiaux d’une petite commune de Seine et Marne je suis tombé sur une cérémonie que je n’avais pas eu loisir de rencontrer en toutes mes années de recherches. Le 20 mai 1776, en effet le prêtre de la paroisse et plus précisément son vicaire pratiqua 4 réhabilitations de mariage.

Je m’empressais alors de connaître la signification exact de ces réhabilitations. Après avoir lancé un moteur de recherches j’apprenais que cette procédure revalidait un mariage annulé pour cause de non possession d’une dispense de consanguinité. Le premier mariage ayant eu lieu dans l’ignorance d’un lien de parenté, donc en toute bonne foi.

Le mariage sans la dispense de consanguinité rendait donc nul cette union et les enfants nés de ces couples devenaient illégitimes.

Rappelons pour bien comprendre quand ces temps reculés nos ancêtres ne pouvaient se marier qu’à condition de ne pas être membres de la même famille et ce jusqu’au 4ème degré.

Pour faire simple les petits enfants de cousins germains ne pouvaient théoriquement pas convoler, je dis bien en théorie car si le système avait été trop rigide, nos pauvres ancêtres auraient été bien en peine de se marier. La population était faible, les voies de communication très difficiles, les dialectes différents d’une région à une autre ou même d’un village à un autre. En bref les opportunités de trouver chaussures à son pied en dehors de son environnement immédiat étaient quasi nulles.

L’église mit donc en place un système de dispense, et qui autorisait à transgresser en quelques sortes sa propre doctrine.

L’évêque avait la main mise sur les dispenses du 4ème et 3ème degré et le pape celle du 2ème degré ( cousin germain ). Comme on peut s’en douter rien n’était gratuit et la dispense papale était évidemment plus cher que  la dispense de  l’évêque.

Ayant bien compris le sujet et constaté que le bon curé avait réparé ces ignominieuses inconvenances, je me suis penché sur ses 4 couples pour tenter de comprendre le pourquoi du comment.

Le petit village en question se nomme Lizines-Sognolles et se trouve en Seine et Marne à proximité de Donnemarie-Dontilly et de Provins. Nous sommes dans la Brie Montoise.

La principale activité est la culture de la vigne et la presque totalité de la population est vigneronne.

Dans la plus totale des naïvetés, je me suis mis en quête de trouver leurs ancêtres communs. Je me suis vite retrouvé confronté à un imbroglio impénétrable. En effet la plupart des familles portaient le même nom, ce qui ajouté à l’indigence des prénoms formaient une toile d’araignée impénétrable.

Tous les habitants étaient  liés entre eux à un degré ou à un autre et les dispenses de consanguinités étaient légion.

Qui furent donc ces couples qui firent la une du village en 1776 .

Jean MAROT et Marie JARRY

François JARRY et Marie FRANCOIS

Nicolas FLEURY et Geneviève JARRY

Jean FLEURY et Geneviève FRANCOIS.

Le mariage de Jean Marot et Marie Jarry eut lieu le 25 février 1772, en présence de la famille en sans empêchement canonique. Tout le monde est de la paroisse, tout le monde est vigneron, les bans ont été publiés et les fiançailles célébrées la vieille. Le curé de Lizines se nomme Cattet et son vicaire Cuissot.

La réhabilitation eut lieu le 20 mai 1776 plus de 4 ans après.

« L’an mil sept cent soixante et seize, le lundy ving may, nous soussigné avons réhabilité le mariage de Jean Marot et Marie Jarry qui avait été célébré en face de l’église avec les cérémonies accoutumées ayant découvert depuis qu’ils étaient parents au 4ème degré de consanguinité, degré prohibitif pour contracter mariage sans dispense. En ayant eu depuis connaissance nous sommes pourvus à Sens pour obtenir la dite dispense ».

Voila tout est dit dans l’acte, de plus l’enfant du couple Marie Marot a pu être légitimé, le vicaire qui réhabilite le couple est le même que pour le mariage.

La dispense a été demandée au diocèse de Sens d’où dépendait Lizines.

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Le mariage de François Jarry et Marie François était encore plus lointain car il avait eut lieu le 15 janvier 1771, même configuration que le mariage précédent.

La réhabilitation est aussi en tout point identique avec la précédente.

A noter que François Jarry et le frère de Marie Jarry.

Les parents de François et Marie avaient déjà  demandé une dispense de consanguinité pour leur mariage en 1744.

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Étudions maintenant le troisième cas , le mariage de Nicolas Fleury et Geneviève Jarry a eu lieu le 23 novembre 1773, là aussi le schéma se répète, famille de vignerons, cérémonie classique sans empêchement, la réhabilitation est la même que pour les autres couples et la légitimation de leur fille également

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Pour terminer le 4ème couple formé de Jean Fleury et Geneviève François qui s’était marié le 09 février 1773 aura exactement la même cérémonie que les précédents.

Les 2 enfants du couple, Jean Baptiste et Geneviève ont été légitimés

Geneviève François et Marie François sont sœurs.

Quelle mouche piqua notre bon curé en ce printemps  1776, quelles furent ses motivations pour invalider quatre mariages dont le plus vieux remontait à 5 ans ?

Pourquoi troubler la quiétude de ce village paisible qui dut se sentir un peu menacé tant le tissu familial était dense.

Comment les familles, Bridou, Aveline, Chomé, Cornette,Gautier, Coffe, Marot, François, Jarry, Fleury réagirent  à cette ingérence du vicaire?

Mais ces mariés étaient ils de bonne foi, ont ils voulu économiser le prix de la dispense ?

Moi personnellement à l’étude des registres, je pencherais plutôt pour l’ignorance de leurs liens familiaux ou pour le moins ils se doutaient peut être d’un lointain cousinage sans en connaitre le degré exact.

Par contre je me pose la question de savoir comment le curé a fait pour savoir ce que les mariés ignoraient.

Beaucoup de questions sans réponse, mais c’est cela aussi la généalogie.

Pour mieux comprendre il faudrait réaliser la généalogie de l’ensemble du village, ce qui nous apporterait un éclairage sur cette endogamie familiale. Lizines n’était pas un village si petit et si éloigné que cela. Personnellement je pense que cette endogamie familiale était due à la nécessité de préserver des parcelles de vignes suffisantes pour pour en vivre décemment.

Car n’oublions pas que territoire de Lizines était recouvert de vignes comme une grande partie de la Brie et de la région Parisienne. Ce vignoble était l’un des plus importants de France. Ce nectar était un bien mauvais petit vin blanc qui devait se boire rapidement.

Il était très prisé des parisiens, proche par les transports et d’un prix attrayant.

Le chemin de fer qui rapprocha les vignobles du bordelais et le phylloxera tuèrent cette culture. C’est d’ailleurs et pour conclure peut être beaucoup mieux pour nos papilles.

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UN CRIME ODIEUX EN SEINE ET MARNE

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Depuis 6 semaines qu’il avait disparu, il y avait bien lieu de s’inquiéter. Qu’était devenu Claude GRUYER ?

Un personnage que ce Claude, ancien soldat il était devenu garde chasse de Madame de Chenoise.

Il était en charge d’un grand domaine où le gibier était fort bondant.

Il organisait les chasses mais aussi traquait à l’occasion les braconniers. Il faut bien dire que les animaux proliféraient et nuisaient gravement aux cultures. D’autre part la vie était fort dure en ces campagnes, la moindre fluctuation météorologique anéantissait les récoltes et mettait à mal l’économie paysanne, la disette ou pire la famine s’installaient et alors la mort fauchait impitoyablement les corps affaiblis. Alors la tentation était grande de s’introduire dans les forêts royales et seigneuriales pour survivre ou améliorer son ordinaire. Claude avait parfaitement conscience du problème mais son travail était de défendre les intérêts de sa patronne quelque soit sa répugnance à faire punir des pauvres gens dont il était lui même issu.

Le 14 juillet 1725 à la tombée de la nuit il partit surveiller une pièce de bois ou il avait relevé des collets , en compagnie de son chien, fusil sur le dos, baïonnette emmanchée, un morceau de pain et de fromage dans sa musette. Il embrassa furtivement son épouse lui souhaitant une bonne nuit en lui disant qu’il serait de retour dès le lendemain matin.

Personne ne le revit vivant.

Son épouse s’inquiéta rapidement, la matinée était maintenant passée, puis la journée.

La nuit suivante elle ne dormit que très peu guettant le moindre bruit annonciateur du retour de Claude.

La journée suivante morte d’inquiétude elle signala sa disparition à Monsieur le curé Le Normand,

Il se chargea d’aviser les gens du château.

Une battue fut rapidement organisée, mais comme personne n’avait la moindre idée de l’endroit où il avait pu aller, les recherche furent veines.

Le retour tant espéré n’eut pas lieu.

Le vendredi 24 août, un paysan qui passait au lieu dit des Fourches fut attiré par une odeur pestilentielle , il se rapprocha et découvrit l’horreur.

Il s’enfuit en courant et donna l’alerte au village de Montceaux lès Provins, rapidement chacun lâcha son ouvrage se précipita sur les lieux. Les autorités seigneuriales furent saisies et se retrouvèrent avec les villageois à l’endroit de la macabre découverte.

Le corps ou plutôt les morceaux du corps étaient éparpillés. En décomposition avancée présentant de nombreuses traces de morsures, 5 morceaux gisaient espacés d’une douzaine de pieds l’un de l’autre. La tête semblait lardée de coups de baïonnette. Un fusil se trouvait à proximité immédiate.

Le dépeçage du corps et sa dispersion mettaient en cause les hôtes de la forêt, pour ce qui était des causes de la mort, le meurtre était plus que probable, tant l’acharnement sur le visage sentait l’œuvre humaine.

Bien que le chef de l’individu fut difficilement identifiable, un nom courut bientôt sur toutes les lèvres. C’était sans aucun doute le garde chasse ,  l’arme et les vêtements étaient bien les siens.

Puis à bien y regarder, l’ignoble masse sanguinolente de chaire gardait trace des caractéristiques faciales de Claude GRUYER.

Après l’examen sommaire des lieux et du corps il fut décidé par ordre de justice que l’inhumation pouvait avoir lieu.

Il y avait urgence, sans cette inopportune découverte, les restes charnels auraient été promptement terminés par la faune locale.

Une charrette fut réquisitionnée et les ossements furent transportés au cimetière de Montceaux Lès Provins.

Silvestre Le Normand curé de la paroisse officia la cérémonie en présence des amis et de la famille.

Ainsi se termina cette petite histoire criminelle qui marqua suffisamment le curé pour qu’il en fit mention dans le registre paroissial de la commune.

Un suspect fut il arrêté, la justice passa t’ elle ? Considérons ceci comme un mystère, la science criminelle était bien moins développée qu’en notre époque où pourtant subsiste aussi de nombreuses interrogations et d’affaires non élucidées.

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LA PREMIÈRE APPARENCE N’EST PAS TOUJOURS LA BONNE

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En ce vendredi 14 mars de l’an de grâce 1732, Marie Anne et son mari Claude avançaient péniblement sur le chemin qui menait à Paris.

Vallonnée en cette partie, la Brie offrait une succession de coteaux difficiles à la marche.

Ils étaient pourtant tous deux rompus à ce genre d’exercice, mais en cette fin d’hiver Marie Anne attendait un heureux événement. A vrai dire pour ces deux itinérants, l’arrivée d’un bébé n’était guère souhaitable. Ne pouvant faire passer l’enfant ils avaient fait contre mauvaise fortune bon cœur et continuaient leurs déplacements à la recherche d’un ouvrage.

Claude était originaire de Paris, il avait grandi rue Saint Denis aux pieds de l’église Saint Laurent * en cours d’achèvement.

Son père était ouvrier, il le devint également.

Marie Anne était née en champagne dans la commune de Vienne le Château *, rien ne pouvait laisser à penser qu’ils pourraient se rencontrer et s’aimer un jour.

Le hasard fit un jour passer Claude dans le village où demeurait Marie Anne avec sa mère, le coup de foudre fut immédiat et la soif d’aventure amena la belle à suivre son amoureux sur la route.

Marguerite ARTILLIER, sa mère veuve depuis bien longtemps laissa partir sa fille hors de toute convenance.

Anne à l’entrée d’un village,se nommant Citry ,* sentit ses premières contractions,où aller?

De passage , ils ne connaissaient personne.

Claude fit asseoir sa compagne et se mit à la recherche d’un toit où d’une étable pour faire naître son petit, après avoir essuyé de multiples refus, une famille compatissante accepta d’héberger la parturiente.

Il était vraiment temps, Marie Anne avait perdu les eaux et s’était souillée , en proie à de terribles douleurs Claude DEREDDE lui prêta sa couche.

Une petite fille naquit rapidement, ils la nommèrent Marie Anne. Jean DERREDE et Claude DERREDE acceptèrent  d’être parrain et marraine.

A l’église le curé fut suspicieux et flairant l’union illégitime exigea une preuve d’un mariage chrétien.

Ces « pauvres mendiants » comme il les nomma dans l’acte avaient- ils commis péché véniel, rien d’ étonnant pour cette catégorie de crève misère.

Le bon père se méfiait de tous étrangers à la paroisse, venus de nul part, ne sachant où aller, vivant de rapines et de mendicité, ils inspiraient terreur et dégoût à la population paysanne.

Cette peur de l’autre, l’inconnu, l’étranger, était vivace en cette époque où les déplacements étaient bien moindre qu’aujourd’hui.

Mais ce 18ème siècle naissant n’était il pas comme notre 21ème siècle lumineux bourré de préjugés et de faux semblants ?

En lisant la suite il faudra bien convenir que le curé fit une erreur d’appréciation.

Peut être que la mise de notre jeune couple était un peu défaite par une longue errance mais de mendicité il ne pouvait en être question.

Claude était un ouvrier, et plus précisément un compagnon passementier.

Ayant derrière lui un long apprentissage, Claude se déplaçait aux grès des embauches, c’était un ouvrier spécialisé et nullement un mendiant.

Il put d’ailleurs rassurer le bon curé, l’enfant était légitime, un acte de mariage en attestait la preuve, Claude le gardait comme un saint viatique.

Ils avaient été unis dans les liens sacrés du mariage en l’ église Saint Agnant de Griselles près de Ferrière en Montargis en mars 1729.

Les témoins de cette union avaient été 3 bourgeois de Paris, Noël RENOUT, marchand de vin, Gaspard SANSON officier de Monsieur le duc de Gésures et Dominique PETIT. Le dernier témoin Louis de GUERVILLE était écuyer.

A n’en pas douter dans une société hiérarchisée comme celle de cette époque, des gens de cette condition n’auraient jamais accepté d’être les témoins de « Pauvres Mendiants ».

Le bon curé avait donc jugé sur les apparences, faisant fi de son objectivité cléricale et de la mansuétude que l’on aurait pu attendre d’un homme de Dieu.

Claude CONARD et Anne MÉON mes ancêtre s’installèrent dans la commune de Bellot * au hameau de Doucy et devinrent marchands merciers.

Il est fort à parier qu’ils revinrent  un jour dans la commune de Citry pour s’y livrer à quelques tractations commerciales ,et qu’ils furent peut être reçus avec leur achalandage à bras ouverts.

Ne jugeons donc pas un inconnu sur sa mine et son apparence, apprenons plutôt à le connaître.

Précepte valable au siècle des lumières, mais qui tarde à trouver sa place dans notre société dite avancée

CITRY : Petite commune située au  nord est  de la Seine et Marne

GRISELLES : Petite localité du Loiret sise à 10 kilomètres de Montargis

VIENNE LE CHATEAU : Localité se trouvant actuellement dans le nord est de la Marne

Paroisse SAINT LAURENT : Actuellement dans le 10ème arrondissement de Paris

BELLOT : Commune se Seine et Marne à proximité de MEAUX et baigné par le petit Morin

LISTE FILIATIVE

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RETOUR SUR UNE BELLE ANNÉE DE GÉNÉALOGIE ET D’ÉCRITURE

Tout d’abord je tiens à souhaiter une belle et heureuse année 2017 à tout mes lecteurs.

L’année 2016 aura été pour mon blog celui de l’explosion des vues et j’en suis très satisfait.

Je suis certes encore un débutant, mais je m’efforce de m’améliorer, tant dans l’écriture que dans la présentation.

Cette année mon blog a reçu 7438 visiteurs pour 12790 vues.

Belle progression car en  2015 je n’avais reçu que 1635 visiteurs pour 2748 vues.

Les habitants de 75 pays ont visité mon blog, avec en tête évidement la France, suivit des États unis et de la Belgique.

Mes articles phares ont été pour cette année : Une sinistre histoire de viol dans l’Aisne

https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/05/16/une-sinistre-histoire-de-viol-1797-dans-un-village-de-laisne/.

: Le maraichinage de la coutume ancestrale à la liberté sexuelle.

https://pascaltramaux.wordpress.com/2016/11/18/le-maraichinage-de-la-coutume-ancestrale-a-la-liberte-sexuelle/

 

          : Vierge au mariage ou pas.

https://pascaltramaux.wordpress.com/2016/06/10/vierge-au-mariage-ou-pas/

 

    : La niflette, tradition Provinoise

https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/10/10/la-niflette-tradition-provinoise/

 

Mais la série d’article dont je suis le plus fier est l’histoire des  TRAMAUX et LA GUERRE A FERNAND.

 

J’espère que je trouverais l’inspiration pour cette nouvelle année et que mes textes vous feront passer un peu de bon temps.

Encore une fois bonne année généalogique et plein de merveilleuses découvertes.

A bientôt

 

PASCAL

 

 

 

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BRIGAND DE VENDÉE ET PRÊTRE RÉFRACTAIRE , épisode 2

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Porte de la prison donnant sur la rue du Palais

JOSEPH HERBERT

PRÊTRE RÉFRACTAIRE ET BRIGAND DE VENDÉE

Lorsque ce 5 septembre 1793, extirpé de sa geôle située au palais de justice de La Rochelle, Joseph est en paix avec sa conscience, il a prié toute la nuit et a donné la communion aux autres condamnés.

Il ne regrette rien, il va mourir dans la religion de ses pères, n’a renié aucun serment. Il meurt fidèle à la papauté.

Cela fait plus de 3 mois qu’il croupit au fond de cette cellule de 12 m2 où s’entassent de trop nombreux prisonniers, il y a 5 cellules identiques, les conditions sanitaires sont détestables pour ces prisonniers qui se savent voués à la mort.

Le temple  de la justice n’est pas loin du lieu du supplice, quelques centaines de mètres, le calvaire en sera moins long.

Ce palais de justice portant fièrement comme devise  » temple de la justice sous le règne de la liberté et de l’égalité, l’an deuxième de la république Française  » était un bâtiment de style corinthien pratiquement neuf car inauguré en novembre  1789.

Chacun est voué à la mort et pour un saint comme le père HERBERT, la montée au paradis est acquise, mais tout de même à  bien  y réfléchir quel  est son crime, quels sont leurs crimes.

La révolution avait bien commencé, l’élan irrésistible de la liberté, de nouvelles lois, de nouveaux dirigeants, un air de fête, une ère nouvelle. Mais des causes profondes de la révolution restaient en suspend, celle au combien épineuse de la situation économique. Un futur défroqué, célèbre girouette s’avisa de la richesse du clergé, certes c’était une réalité, mais une discussion avec ce puissant ordre eut mieux valu qu’une spoliation.

Cette nationalisation des biens du clergé va bientôt s’accompagner de la constitution civile du clergé, les évêques et les prêtres seront désignés par leurs paroissiens et rémunérés fort bien d’ailleurs par l’état.

Le bon Louis dépassé par les événements, contraint et forcé accepte la constitution civile du clergé.

Comme il était à prévoir, le pape n’acceptera pas ce nouvel ordre des choses.

Écartelé entre la révolution et la papauté, les religieux furent placés devant un dilemme cornélien.

L’assemblée tranchera et exigera un serment de fidélité à la loi et à la nation.

La moitié refusera et deviendra non jureur, le pape déclarera hérétique et schismatique cette diabolique constitution.

Joseph HERBERT prêtre de la paroisse de Maillé opposera un refus très  net et deviendra par la même un paria.

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Plaque en l’honneur Joseph HERBERT, église de Maillé

En remontant la rue du Palais puis la rue Chaudrier , avec ses compagnons d’infortune, le curé se souvenait de son arrivée dans la paroisse de Maillé en plein milieu des marais. C’était le dimanche 25 septembre 1768 après vêpres.

Prêtre depuis le 31 mai 1749, il avait effectué 19 années de vicariat, avant de se voir attribuer cette cure, il fut le premier prêtre nommé par Monseigneur De CRUSSOL D’UZES évêque de La Rochelle.

Il était né en 1725 à Saint Melaine les Aubiers dans le bas Poitou de Joseph et Perrine LAVAUD.

Le premier acte qu’il rédigea fut un décès en date du 13 octobre 1768, l’ironie du sort voulut qu’il termina sa vie pastorale également sur un décès le 5 juin 1791.

A partir du mois de juillet, un long martyr commence, contraint de se rendre à Fontenay le Comte ou Fontenay le Peuple comme l’on voudra, il y fut emprisonné du 1er juillet au 13 septembre. Il fut relâché et rentra sur sa commune. Bien entendu un intrus avait pris sa place et ce n’est qu’en secret qu’il officiait parfois. Secouru par de fidèles paroissiens, il vécut ainsi, craignant pour sa vie, mais aussi pour celle de sa nièce, Marie Modeste RIBERT qui vivait avec lui.

Fin mars 1792 en vertu d’un arrêté du département de Vendée il fut de nouveau mis en état d’arrestation à Fontenay le Peuple. Il y resta en résidence surveillée, puis un autre arrêté du district de Bressuire ( Deux Sèvres ) en date du 7 novembre  1792, lui enjoignit de se rendre aux Aubiers commune de sa naissance.

Il n’y resta guère car tel un mouton pendant la transhumance, il fut conduit des Aubiers à Partenay, puis de là à Saint Maixent, puis à Niort, pour de nouveau se retrouver à Fontenay le Peuple.

La situation d’incarcération avait désormais changée, d’une résidence surveillée nous étions passés à des conditions beaucoup plus dures, les grilles des cachots s’étaient refermés. il  restera jusqu’au 15 mars 1793 dans la prison républicaine de Fontenay, avant de commencer une nouvelle errance.

L’insurrection Vendéen incitera telle les autorités à déplacer une nouvelle fois ses prêtres, car Joseph se retrouvera de nouveau à Niort.

Mais décidément, Fontenay était son point d’ancrage car il y fut enfermé de nouveau, jusqu’à la date du 26 mai 1793.

Fontenay le Comte était comme la majeure partie des grandes villes de Vendée, de tendance républicaine.

La ville fut attaquée une première fois le 16 mai 1793, mais en nombre insuffisant les insurgés furent défaits par le général CHALDOS. Les vendéens perdirent 700 hommes et bien pire leur canon symbole nommé Marie Jeanne. Joseph et les autres prêtres prièrent, mais l’intercession de notre seigneur n’y changea rien. Les républicains étaient vainqueurs.

Le 25 mai une nouvelle bataille s’engagea pour la prise de la ville, 25 000 soldats blancs avec à leur tête les grands noms de insurrection, BOMCHAMPS, STOFFET, LA ROCHEJAQUELIN, LESCURE, CATHELINEAU.

Cette fois la supériorité était du coté des soldats en sabots, la ville fut prise, 1000 républicains furent tondus, quelques notables bousculés, quelques républicaines troussées et surtout les prisonniers délivrés.

Joseph soudain libre se demanda ce qu’il allait faire, plusieurs options s’offraient à lui.

Suivre les combattants et s’attacher à un des chefs, se cacher dans les roselières avec les maraîchins, le bon prêtre inconscient rentra simplement à Maillé pour y retrouver sa nièce.

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Église de Maillé ( Vendée )

Pour franchir les lignes, le commandant DONISSAN de l’armée catholique et royale lui délivra un laisser passer.

Malheureusement à Maillé les choses ne se passèrent pas à l’avantage de Joseph, si de cœur la population était avec les insurgés, la municipalité était républicaine.

Le bon maire Barthélémy ROY, Jean MORIN officier municipal et Jean CAILLAUD procureur de la commune dénoncèrent leur ancien prêtre et firent appel à la force armée de Taugon, La Ronde. Des volontaires du village de Courçon formèrent le gros de la troupe et notre bon berger se retrouva une nouvelle fois en prison.

Les chefs d’inculpation étaient graves, » prêtre réfractaire, incitateur à la révolte », bref un brigand de Vendée de la pire espèce qu’il fallait éradiquer.

Le 5 juin 1793 il fut auditionné par le sieur BARBET administrateur du district de la Rochelle, commissaire nommé par le conseil général et par Joseph AVRARD , secrétaire.

Il patienta jusqu’au 4 septembre date de son procès devant le tribunal criminel de la Charente Inférieure de Saintes qui statuant en commission spéciale en la ville de La Rochelle le condamnera  à mort lui et ses compagnons.

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