LA VIE DE CHARLES BEAUMONT – UNE FAMILLE FORMIDABLE ÉPISODE 2

Charles était un homme maintenant  il assurait avec son beau père le travail dans les vignes comme ses ancêtres avant lui, aucune autre alternative ne s’offrait à lui.

Des recruteurs étaient bien passés au village pour embobiner quelques journaliers et les emmener se faire tuer pour les guerres de fin de règne du grand Louis, mais collé à sa terre, à ses vallons et ses coteaux, les sirènes de l’aventure ne l’avaient pas entraîné au loin.

Ses plus grands déplacements il les avait effectués à Provins pour y livrer quelques barriques. La ville était impressionnante, ceinte de hauts murs, entourée de profonds fossés et percée de portes où il fallait montrer patte blanche. L’activité qui y régnait ,tranchait avec le calme de Saint Loup Naud. Charles restait muet face aux hautes façades des maisons à pans de bois, sa petite maison où il s’entassait avec sa fratrie n’était que de torchis et de paille comme la majeure partie de celles de son village.

La lourde et immense façade de Saint Quiriace ombrait la place où Charles et son beau père livraient leur récolte. Charles préférait le portique de l’église de Saint loup mais il éprouvait de la fascination pour ce vaste édifice.

Provins était donc la capitale des Beaumont et leur univers restreint se bornait à Lizine, Longueville , et Sainte Colombe.

Le long 17ème siècle prit fin  » en 1715  » à la mort de Louis XIV, le pays était exsangue, mais rayonnait d’un soleil qui mettra longtemps à s’éteindre .

Charles perdit sa mère en 1710, son beau père intrus sur les vignes des Beaumont allait quitter le village avec ses 3 marmots Chapotot. De fait il se remaria à la mode d’autrefois très rapidement, mais resta sur Saint Loup et croisa encore son beau fils pendant 2 ans avant de partir sur Sainte Colombe avec le statut de nouveau veuf.

Quoi qu’il en soit, Charles gérait maintenant ses terres et se devait de trouver femme pour l’aider et arrondir éventuellement son petit patrimoine.

Il se choisit pour femme la fille d’un vigneron se nommant Nicolas Cordier, il ne pouvait en être autrement, les laboureurs du village ne se mélangeaient que très rarement avec ceux du coteau.

La future s’appelait Anne, elle avait 22 ans, fière et belle, elle ferait à n’en point douter une bonne mère, une bonne travailleuse et éventuellement une bonne amante.

Tout fut réglé sans problème particulier, pas de consanguinité rapprochée, les consentements des familles respectives obtenus et une accordaille devant notaire sur la nature de la dote. Les Cordier n’étaient pas riches, elle ne fut guère importante.

Le mariage eut lieu l’hiver 1717 le mardi 26 janvier, Nicolas Chapotot le beau père était présent ainsi que Charles Cordier le père de la mariée, de Paquier Corne le beau frère du marié et de Charles Cordier le jeune frère de la mariée.

La noce fut gaie et copieusement arrosée de la piquette du cru.

Charles découvrit les charmes cachés de sa femme au cours de la nuit de noces, elle était vierge et inexpérimentée. Lui, fort de quelques joutes tarifées avec quelques gueuses Provinoises prit l’initiative. Sa fougue ne lui permit pas de s’éterniser, mais jeune et vigoureux, il reprit plusieurs fois le chemin de la béatitude.

La noce terminée chacun reprit sa vie de labeur, le couple baignait dans le bonheur des eaux vives du ru du dragon.

1717, le régent cousin du Roi avait fait casser le testament du feu grand monarque par le parlement de Paris.

Les bâtards ne pourront régner, mais le parlement prit la grosse tête et pour le malheur de la royauté se crut autorisé à sortir de son cadre.

A Saint Loup de Naud, rien ne venait perturber la vie de Charles et d’Anne si ce n’est l’arrivée du premier enfant. Tous espèrent qu’un garçon viendra agrandir la famille, manque de chance  une petite femelle que l’on nomma Anne comme sa marraine, le curé Pouget intronisa la petite dans la communauté chrétienne, elle pouvait mourir tranquille son âme n’irait pas vagabonder.

Sage précaution, car elle mourut rapidement, Charles refit un enfant à sa femme, pourvu mon dieu que cela soit un petit mâle, eh non pas de chance, encore une fille, on la nomma Anne comme sa marraine, bis repetita. Cette petite née en 1719 vivra et fera de nombreux petits  » Mignot  ».

Heureusement Anne était féconde et le premier garçon arriva en Janvier 1721, il prit le nom de Cyr, joli prénom voulant dire seigneur et que porte bon nombre de petits vignerons du village.

Charles était donc comblé et la liste de la progéniture s’agrandira, Anne lui donnera 10 enfants.

5 garçons dont 3 feront souches et deviendront vignerons et 5 filles dont 3 se marieront avec des vignerons. Les autres enfants participeront à la forte mortalité infantile de l’époque.

Anne Cordier sans doute un peu fatiguée par une vie de labeur avec un ventre gros, alliant grossesses, allaitements, travaux ménagers, travaux dans les vignes, soins aux animaux et devoirs conjugaux rendit son âme à dieu à l’age de 63 ans en cette année de 1758.

Charles trop vieux pour un remariage finira sa vie au milieu d’une nuée d’environ 16 petits Beaumont survivants.

Ses trois fils, Cyr, Nicolas et Jacques accompagneront sa dépouille mortelle le 6 mars 1775.

Il faut croire que la piquette Seine et Marnaise donnait des forces car l’ancêtre né sous le règne de louis XIV mourut sous celui de son arrière arrière petit fils le mal nommé Louis Capet.

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UNE SÉRIE DE MORTS INEXPLIQUÉES

UNE ÉPIDÉMIE EN VENDÉE

An de grâce 1778

Le bon roi Louis le seizième régnait depuis 4 ans sur ses sujets en son château de Versailles.

Pierre Ferré paysan vendéen, roi de son champs s’échinait qu’en à lui à retourner une pièce de terre dans un terrement de taillis en bordure du ruisseau de la Berthomelière. Il préférait réserver ses terres de labours à la culture du froment et planter des haricots dans cette terre gagnée aux friches.

La partie n’était pas gagnée d’avance, le rendement en serait sûrement très mauvais et en attendant un éventuel gain il fallait trimer encore et encore, nous étions au mois de mai et la chaleur était déjà suffocante, l’année s’annonçait comme très chaude aux dires des anciens. Le ruisseau qui coulait en cette partie de la commune de Poiroux était déjà presque tarie ce qui au mois de mai était annonciateur d’une sécheresse importante. Il posa sa houe un moment et alla rejoindre son fils aîné Jacques qui se désaltérait à même l’eau du ruisseau. L’eau était fraîche, bien qu’un peu trouble, un troupeau de vaches s’y baignait à quelques encablures.

Son fils âgé de 28 ans était un solide gaillard, né d’une première union, il n’avait pas une différence d’age énorme avec son père.

Marié à 14 ans pour régulariser une séduction juvénile, il devenait père à l’age de 15 ans. Veuf 16 ans plus tard à l’age ou d’autres prennent femme il se retrouvait seul responsable de 4 enfants.

La vie n’avait pas été facile pour lui, mais l’était elle pour les autres ?

Trois ans après son veuvage il s’était remarié avec une jeune femme de Poiroux nommée Marie Fouillaud, il avait quitté son village de Saint Avaugourd les Landes et avait élu domicile au hameau de la Berthomelière.

Il y possédait maintenant quelques ares et quelques têtes de bétail. Le hameau dépendant de la paroisse de Poiroux n’avait que quelques maisons, tout le monde se connaissait, les hommes s’entre aidaient, les femmes effectuaient leurs taches ensemble et les enfants, innombrables marmailles s’élevaient seuls au milieu des troupeaux qui paissaient sur les pâtures communes.

A vrai dire, chacun possédait très peu de terre et tous devaient se louer en plus pour subvenir aux besoins, même médiocre de leur nombreuse famille.

Ils vivaient tous ensemble en autarcie, n’allant au bourg que pour aller à l’église et aux fêtes paroissiales.

Il est vrai que ces dernières étaient nombreuses et il fallait évidement y rajouter les offices des morts , des baptêmes et des mariages.

Pierre vivait avec sa femme et la progéniture qu’elle lui avait donnée, à savoir 2 garçons et 3 filles.

Jacques 28 ans vivait également sous le même toit que son père et aidait à faire vivre le ménage.

La seconde fille de Pierre, Marie vivait avec son mari Jacques Genusson et ses deux enfants à proximité immédiate. Oncle et neveu usant leur fond de culotte ensemble.

Marie la femme de Pierre n’avait que 8 ans de plus que son fils aîné, elle l’aimait bien mais sa présence troublait souvent son intimité et elle avait hâte qu’il convole lui aussi .

La journée tirait maintenant à sa fin , plus de 14 heures de labeur Pierre était fourbu, accompagné de son fils, son gendre et de ses deux voisins Pierre Poiraudeau et René Brianceau il regagna sa demeure. Solide maison en granit, une petite extension pour les bêtes qu’il avait construite lui même avec son fils et la communauté villageoise du hameau de la Berthomelière. Un puits, un tas de fumier, quelques poules qui picorent, un chat qui se prélasse vision idyllique du monde paysan. Mais la maison n’ était en fait qu’une rude mansarde, aux rares ouvertures, glaciale et ruisselante d’humidité l’hiver. A l’intérieur une table en chêne,des bancs, un grand coffre et une maie. Un lit pour le couple, une paillasse pour Louise 2 ans et Marie 4 ans , une autre pour les deux garçons Pierre 8 ans et Louis 6 ans. La petite dernière Thérèse dormant encore dans un petit berceau confectionné en osier. Jacques quand à lui, avait élu domicile dans la grange avec les animaux, il s’y sentait plus tranquille et pouvait y trouver un peu d’intimité.

Marie attendait Pierre sur le pas de la porte, son visage reflétait l’inquiétude, ses yeux étaient creusés et quelques nouvelles mèches blanches dansaient dans la lumière tombante.

Pierre n’eut pas à poser de questions Marie lui montra le berceau de la petite, il se précipita, sa fille ne bougeait plus, ne pleurait plus, son visage apaisé rayonnait, le petit ange était parti.

Depuis deux jours, elle alternait les périodes d’apathie et les périodes de pleurs, elle refusait de se nourrir et vomissait, la diarrhée ne la quittait pas, Marie et les voisines additionnant leurs maigres connaissances n’avaient rien pu faire.

Pierre envoya son fils Jacques prévenir le curé, il revint à la nuit tombante avec ce dernier.

Après quelques paroles apaisantes ils convinrent d’inhumer la petite dès le lendemain, pour le curé et ces rudes paysans la mort d’un enfant de 11 mois n’était pas une affaire d’état.

Mais le curé, se renseigna sur les symptômes, une conclusion s’imposa après que Marie lui eut expliqué qu’elle avait sevré la petite car son lait s’était tari. Le passage entre le lait maternel et le lait de vache coupé d’eau avait été fatal au bébé.

La soirée fut lugubre, les familles avoisinantes se relayèrent mais il fallut néanmoins aller se coucher, les petits allèrent rejoindre leur grand frère dans la grange. Les deux parents se retrouvèrent finalement seuls avec leur petite. Malgré la dureté des temps et la rudesse des âmes Pierre et Marie avaient le cœur sombre.

Le jour à peine levé Pierre se rendit au cimetière avec son ami Phillipeau, journalier à la Berthomelière, ils creusèrent une petite fosse. Quand la chose fut faite, il retourna chez lui, sa femme et les voisines avaient préparé le petit corps, un simple petit drap fit affaire de linceul. Pierre prit l’enfant dans ses bras et sans un mot suivit par l’ensemble de la famille il descendit au cimetière, les cloches sonnèrent le glas, la cérémonie fut rapide. Chacun dans l’après midi avait retrouvé ses activités.

Thérese Ferré, 11 mois fut donc abandonnée à Dieu le 16 mai 1778.

Les travaux agricoles se poursuivirent, nous étions en mai et personne ne devait chômer. La chaleur restait anormalement haute, l’eau du puits baissait dangereusement et la couleur de l’eau  était peu  engageante mais en fin il fallait bien boire.

Le 18 mai la petite Louise, poupée gaie et enjouée vint se blottir le long de sa mère qui la repoussa car le labeur ne manquait pas, la petite s’éloigna mais Marie prit d’un mauvais pressentiment quitta son travail et alla s’occuper de sa fille. Fiévreuse, l’enfant fut prit des mêmes symptômes que sa petite sœur. Les prières redoublèrent, mais rien n’y fit, le 19 mai l’âme de la petite partait dans les limbes, le 20 mai sa dépouille charnelle vint reposer au cimetière à coté de sa sœur.

Il n’était plus question de transition entre les différentes alimentations, Louise mangeait comme tout à chacun. Les paysans commençaient à s’inquiéter et le bruit courait que les curés ne manquaient pas de travail dans les villages d’à coté.

Nous étions très proche des moissons qui s’annonçaient prometteuses lorsque Jacques Genusson le gendre et compagnon de labeur de Pierre se plaignit de mot de ventre et dut courir plus d’une fois derrière la haie. Ses compagnons se moquèrent de lui dans un premier temps puis s’inquiétèrent. Ils avaient raison, le 13 juin il se coucha pour ne plus se relever, le 14 juin le curé lui administra les derniers sacrements et entouré de son beau frère Jacques Ferré, de Pierre Poiraudeau et Louis Poitier il quitta le monde terrestre, Marie sa femme fut inconsolable et devenait veuve avec deux enfants, heureusement son père et son grand frère l’assisteraient pour les élever.

Cette fois ci aucun doute une épidémie commençait, de nombreuses morts survenaient avec des symptômes similaires dans toute la région. La cause en était ignorée, tout le monde priait mais la fatalité prenait le dessus.

La faucheuse n’était pas encore rassasiée et chaque foyer avait sa peine, Pierre et Marie n’avaient visiblement pas assez contribuer au terrible fléau le 25 septembre puis le 29 du même mois le malheur recommença. En 2 jours Louis solide gaillard de 6 ans fut emporté sa petite sœur Marie âgée de 4 ans ne tint pas plus de temps.

Les parents durs au mal furent pourtant touchés au plus profond de leurs âmes, la maison se vidait et il semblait que la mort n’en avait pas fini avec le hameau de la Berthomelière.

Le glas ne cessait de retentir dans le village, musique funèbre qui accompagnait de son chant triste le tracé des sillons.

La lugubre litanie ne fut pas interrompue par l’automne et l’hiver, les enfants du village disparaissaient à tour de rôle, leurs rires remplacés par les pleurs de leurs mères.

Le hameau de la Berthomelière fut particulièrement touché, pas un seul des voisins Ferré ne fut épargnés.

La fête de Noël fut morne, le curé lors des prêches s’évertuait à expliquer l’inexplicable, les gens continuaient à mourir sans qu’aucune intervention divine ne vienne modifier quoi que ce soit.

Le 10 Janvier 1779, Marie Fouillaud lors de la veillée se plaignit de nausée et de vertige, on la coucha, les symptômes étaient les mêmes que pour les autres trépassés. Pierre était résigné, le lendemain les saints sacrements lui furent administrés. Son dernier petit garçon lui tint la main pendant sa courte agonie. En soirée à l’ heure ou le jour cède au crépuscule, Marie alla rejoindre ses 4 enfants. Le lendemain Pierre accompagné de Louis Fouillaud, frère de Marie, Charles Briancean, Pierre Poitier ses voisins, de son fils aîné Jacques de sa fille Marie et du petit dernier Pierre inhuma sa femme au cimetière de Poiroux.

Pierre n’ était plus le même homme, prématurément vieilli, courbé il voyait défiler les jours avec résignation, attendant lui même la mort, hélas le sommeil du tombeau ne tomba pas sur lui mais sur le dernier fils de son union avec Marie. Le 22 juillet 1779 Pierre âgé de 9 ans attrapa le mal maudit et décéda le lendemain. Il fut inhumé le jour suivant .

Pierre Ferré avait donc perdu 5 enfants, sa femme et un gendre en 14 mois, lourd tribu à cette maladie que fut sans doute la dysenterie provoquée par l’altération des eaux dut aux fortes chaleurs de l’année 1778.

Pascal TRAMAUX

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ÊTRE ICI ET D’AILLEURS

 

Quand on vous demande d’où vous venez et qu’elles sont vos origines, vous répondez invariablement par l’endroit où vous êtes nés.

Ici moi à titre d’exemple je réponds je suis de Seine et Marne c’est un peu vrai, mais j’ai 56 ans et je ne vis plus en Seine et Marne depuis 40 ans.

Mes enfants se disent de La Rochelle alors qu’ils n’ont jamais vécu la bas, seule la maternité les y relie.

Puis si on leur demande quelle est l’origine de leur famille, il vous réponde Rochelaise quand est il réellement ?

Au niveau des parents rien de plus simple je suis né à Provins ( 77 ) et leur mère est née à La Rochelle ( 17 ).

Les 2 grands parents paternels sont né à Bailly Carroie ( 17 ) et Sablonnières ( 17 ) et les deux grands parents maternels à La Rochelle ( 17 ).

Pour l’instant c’est moitié moitié, mais voyons la suite avec leurs arrières grands parents.

Coté paternel Coté Maternel
Marolles en Brie ( 77 )

Saint Hilliers ( 77 )

Verdelot ( 77 )

Jouy sur Morin ( 77 )

La Rochelle ( 17 ).

Sable d’ Olonne ( 85 ).

sable d’ Olonne ( 85 ).

Saint George de Didonne ( 17 ).

A la 4ème génération, nous sommes donc à 50% d’origine Seine et Marnaise, 25% Rochelaise et 25 % vendéenne.

Progressons dans le temps avec la 5ème génération

Coté paternel Coté maternel
Coulommiers ( 77 )

Marolles en Brie ( 77 )

Sancy les Provins ( 77 )

Courchamp ( 77 )

Corroy ( 51)

Verdelot ( 77 )

Inconnu

Jouy Sur Morin ( 77 )

Ingouville ( 76 )

La Rochelle ( 17 )

Fécamp ( 76 )

Luçon ( 85 )

Fécamp ( 76 )

Luçon ( 85 )

Angoulins ( 17 )

Sangatte ( 62)

Pour résumer

37% Seine et marnais

6,25% Marnais

6,25% Origine inconnue

18,75% Seine Maritime

12,5% Charente Maritime

12,5% Vendée

6,5% Pas de Calais

Si on regarde bien seul un ancêtre est né à La Rochelle et forte proportion Seine et Marnaise

Remontons encore dans le siècle

Coté paternel Coté maternel
Andrezel ( 77 )

Lizines ( 77 )

Marolles ( 77 )

Fretoy ( 77 )

Sancy les Provins ( 77 )

Escardes ( 51 )

Champcenest ( 77 )

Provins ( 77 )

Verdelot ( 77 )

Le Gault ( 51 )

Verdelot ( 77 )

Verdelot ( 77 )

Jouy Sur Morin ( 77 )

Saint Rémy La Vanne ( 77 )

Inconnu

inconnu

Le Havre ( 76)

Criqueboeuf en Caux ( 76 )

Saint Lyé la Fôret ( 45 )

La Rochelle ( 17 )

Fécamp ( 76 )

Fécamp ( 76 )

Péault ( 85 )

Angles ( 85)

Fécamp ( 76 )

Fécamp ( 76 )

Péault ( 85 )

Angles ( 85 )

Angoulins ( 17 )

Angoulins ( 17 )

Calais ( 62)

Arras ( 62)

résumons une dernière fois

37,5% Seine et Marne

6,25% Marne

6,25% Inconnu

18,75% Seine Maritime

3,1% Loiret

12,5% Vendée

6,25% Pas de Calais

9,3% Charente Maritime

Pour conclure cette étude à la 6ème génération une seule personne est né à la Rochelle et le petit pourcentage de Charentais Maritime est marquant.

Au niveau Régional la Brie ressort gagnante largement  avec 43,75 %, suivi par la Normandie 18,75% et la Vendée, pays de Loire 12,5%.

Au total on peut compter 6 régions différentes. Un joli meltingpot

Je pense que mes enfants ne pourrons plus revendiquer une origine Rochelaise mais plutôt Seine et Marnaise, teinté d’origine Normande.

Mais cela n’a aucune importance d’ici ou d’ailleurs l’important est d’ être bien où l’on est.

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LES » BEAUMONT » » UNE FAMILLE FORMIDABLE ( épisode 1, les origines )

LES « BEAUMONT » UNE FAMILLE FORMIDABLE

On a tous des Beaumont dans nos familles tant est courant ce patronyme. Il dit bien ce qu’il veut dire et étonnamment son étymologie ne prête pas à confusion .

Mes » Beaumont » à moi sont d’un petit village de la Brie Champenoise nommé Saint loup de Naud, tirent t’ ils leur nom des collines vineuses où le village s’est développé ou viennent t’ ils d’un autre paysage ?

C’est un mystère que l’on ne peut résoudre mais cette famille y puise ses racines au moins depuis le règne du bon roi Henri . C’est attesté ni revenons pas.

Avant de poursuivre cette quête familiale plantons le décor

Un petit village lové autour de son église au sommet d’une colline, 2 hameaux principaux nommés Courton le Haut et Courton le Bas.

Des bois composés d’ essences classiques à forte proportion d’ormes et de chênes, pointillés de bouleaux et de sapins. Des terres labourables sur le plateau avec ses divers bleds font vivre quelques dizaines de familles . Sur les coteaux une terre pauvre accueille des vignes où pisse une pauvre piquette.

De nombreuses fontaines et de nombreux rus qui se jettent dans la rivière Voulzie apportent une fraîcheur et une touche sauvage à l’endroit. Ces rus aux jolis noms, de ru du dragon , ru de Saint Loup et ru de Glatigny sont le cadre d’une implantation humaine forte ancienne et une occupation préhistorique est attestée par la découverte de pierres polies.

L’habitat historique sur l’éperon rocheux qui domine le ru du dragon semble dater du 6ème siècle.

Vers la fin du 10ème un prieuré Bénédictin s’implanta, le village grandit autour de cette protection, la belle église du village joyaux d’art roman est du 11ème et du 12ème siècle.

Les terres du village dépendirent très longtemps des seigneurs de Saint Phalle et la tour de la haute maison est une survivance de leur présence.

Le commerce est inexistant dans le village, le surplus des récoltes quant il y en a est vendu dans la grande ville de Provins toute proche. L’élevage est nul sauf pour la consommation personnelle. Quelques bœufs, des ânes, des chevaux servent de moyen de tractage ou de labours.

Voila pour notre décor, la vie de notre petit village respire la tranquillité lorsque dans la maison de Jacques Beaumont retentit le cri, déjà maintes et maintes fois entendu d’une délivrance prochaine.

Marguerite Mauretour la femme de Jacques va mettre au monde son 5ème enfant, belle performance en 7 années de mariage.

La nature a doté Marguerite d’une forte constitution et d’une belle fécondité, le curé de la paroisse est ravi.

Nous sommes le 19 mars 1690, et dans la petite maison de Courton la sage femme du village et quelques femmes de la parentelle s’affairent.

La délivrance est rapide car comme dit la bonne mère le chemin est déjà fait et le petit Charles voit le jour. Comme le veut la tradition le prénom lui est donné par son parrain Charles Cordier, la marraine Colombe Grellier amène immédiatement l’enfant à l’église pour le baptême.

Le père Jacques a déjà 49 ans mais la maman est une toute jeune femme de 26 ans. Des quatre premiers enfants, deux ont rejoint le seigneur sans avoir dépassé l’age des langes . Rien de bien surprenant, les paysans habitués à cette mortalité infantile n’en font pas une affaire et poursuivre leur labeur. Cette résignation face à la mort ne les exemptent évidement pas de tristesse mais fatalité, Dieu rappelle la moitié de ceux qu’il a créés .

La famille Beaumont inonde de sa sueur depuis plusieurs génération les coteaux du village, ils sont vignerons et possèdent en propre quelques arpents.

Point riches, mais point pauvres, la possession de ces terres est le fruit d’une longue politique familiale de mariage entre vignerons. A vrai dire les Beaumont sont apparentés à la plupart des familles du village et lorsque Jacques croise un Chapotot, un Mignot , un Cordier , un Gou, un Corne, un Juin, un Cas il sait qu’ils ont quelques choses en commun.

Jacques n’est pas le chef de la fratrie Beaumont car son frère aîné Jean est encore dans la force de l’age. Ils ont tous deux hérité des terres de leur père Nicolas mort à l’age respectable de 80 ans en 1680.

Le tableau est dressé, petit Charles sera vigneron comme ses pères si Dieu lui prête vie.

Pour l’instant il n’est point question de vigne, sanglé dans des bandelettes le petit, baignant dans sa pisse et dans sa merde est accroché à une poutre sous la surveillance de quelques vieux. Il résistera à ce traitement et bientôt gambadera librement dans le petit hameau de Courton. Puis son univers s’agrandira,il découvrira Courton le haut, et le bourg principal. Mais sa plus jouissive promenade sera quand son père l’emmènera dans les vignes familiales, il en gardera un souvenir impérissable d’autant plus que ce dernier rendra son âme à Dieu prématurément en 1695 à l’age peu canonique de 54 ans.

Maintenant les voilà seuls avec la mère, 7 enfants sur les bras la pauvre se retrouve démunie.

Mais chez les Beaumont la solidarité exerce pleinement son rôle évitant à la jeune veuve de 31 ans et à sa progéniture de mendier un quignon de pain pour ne pas crever de faim.

La mortalité assez élevée laissait le loisir à bon nombre de paysans de se remarier, Marguerite était une solide femme encore jolie, travailleuse et bonne chrétienne et qui se laissa convaincre 5 mois après la mort de son mari de convoler de nouveau, faisant fi du délai de viduité

Le beau père de Charles, le nommé Nicolas Chapotot est bien sur un vigneron et c’est lui qui apprendra à son beau fils le noble travail.

Le mariage fut bien sur arrangé, Nicolas était âgé de 19 ans, il prit la veuve aux 7 enfants et en échange assura le travail des vignes de feu Jacques Beaumont. Jeune puceau inexpérimenté il profita de l’expérience de Marguerite. Comme les collines à vignes, le ventre de la mère de Charles était fertile et un petit Chapotot ne tarda guère à augmenter la maisonnée.

Ce fut donc une constance, Charles ne connu sa mère qu’avec un gros ventre, les enfants couraient partout et 4 marmots supplémentaires enrichirent la famille recomposée.

Le schéma est somme toute classique, beaucoup d’enfants, un père qui meurt jeune, une mère qui se remarie et fait de nouveaux enfants et une endogamie professionnelle pour préserver le patrimoine, nous retrouverons Charles Beaumont dans un épisode futur où sera abordé son adolescence et son mariage.

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LA MORT D’UN SITE ET LA NAISSANCE D’UN AUTRE

Le marais  » perdu  » entre tradition et  »modernité  » au loin les fumées sont celles de la décharge d’ordure de la Rochelle (  70 ans de dépôt )

 

La Rochelle la Belle, la Rochelle la Blanche ceint de ses murailles séculaires, autour un havre où vient commercer une grouillante population.

A l’extérieur des murs au delà des fossés une autre couronne protectrice cerne la ville, une étendue d’eau morte telle un chaud vêtement protège la Belle Aunisienne.

Recouverts sporadiquement par les flots, travaillés par une nuée de pauvres hères aux pieds nus qui en extraient l’or blanc, ces damiers qui s’étendent sur le pourtour de la baie procurent subsistances.

Après ces marécages, on récolte le sang du Christ, le vin comme le sel est abondant.

Puis un jour la fière ville s’insurge contre son roi, Louis le juste et son cardinal cuirassé terrassent la rebelle huguenote, l’enceinte médiévale est détruite sauf nos majestueuses tours de la Chaîne, de la Lanterne, et Saint Nicolas.

La ville maintenant ouverte mais décimée par le terrible siège resta dans ses limites et nos marais continuèrent de fournir sel et complément d’alimentation.

Une autre muraille fut construite, nécessité militaire oblige par l’ingénieur Ferry, elle enfermera dans son carcan notre ville jusqu’au début du 20ème siècle. Notre marais  » perdu  » n’avait toujours rien à craindre de l’homme.

Quoi que ……

Une première digue qui partait de la tour Saint Nicolas fut construite dans les années 1780 s’avançant dans la mer et servant de chemin de halage aux bateaux qui sortaient de plus en plus difficilement du port du fait de l’envasement. Elle prit le nom de jetée du bout blanc qu’elle porte encore ( du nom du musoir peint en blanc qui se trouvait à son extrémité ).

Bien que n’ayant rien contre le marais la digue du bout blanc fut le premier attentat à notre zone humide

Le marais  » perdu  » était maintenant séparé de la mer sur sa face nord.

A l’arrière plan des tours, la digue du bout blanc, la digue qui mène au port des Minimes, le quartier de la  » Ville en Bois  » et en arrière plan le Marais perdu qui résiste encore

Le combat contre la nature reprit ses droits en 1840 par la construction d’une autre digue partant du bout blanc et se terminant au petit port de pêche des Minimes cette fois le marais était cerné et plus du tout en communication avec la mer .

L’arrivée du chemin de fer en 1857 puis la construction du bassin extérieur en 1862 (celui qui jouxte le célèbre aquarium ) entama le grignotage.

Un nouveau quartier Rochelais sortit de terre, construit sur les remblais extrait du creusement du bassin. Le quartier devint vite industrieux, des conserveries de sardines, des chantiers navals,une usine de briquette de charbon et une multitude d’activités annexes . La population se fixa sur place.

Le marais diminuait sous la pression humaine, les ordures de la ville y furent bientôt déversées ainsi que toutes les vases extraites du chenal. Les militaires remblayèrent une partie pour y construire une bute de tir. Le marais perdu entrait en une longue agonie

La population coincée entre la mer, le marais, la voie de chemin de fer et les usines de charbon vivait dans des conditions assez précaires, peu de points d’eau, la poussière de charbon, et les odeurs de la décharge. A vrai dire chacun tirait profit de son élément, le dépotoir servait de terrain de jeux aux gamins, et comme dans nos modernes bidonvilles tout et n’importe quoi étaient récupérés, vendus ou réutilisés.

Le marais servait aussi de garde manger annexe et les anguilles y pullulaient. La chasse et la pêche y étaient pratiquées par tous.

Ce vaste terrain de jeux était aussi le lieu d’affrontement entre les bandes rivales de gamins du village de Tasdon, des minimes et de la ville en bois, cette guerre des boutons impitoyable se terminait parfois par des blessures assez conséquentes.

Mais le marais déjà moribond passa l’arme à gauche lors de la décision de construire un port de plaisance au Minimes. On le combla complètement ou presque et les terrains furent vendus.

Fin d’un monde, les touristes remplacèrent les anguilles, les étudiants succédèrent aux aigrettes, les cinéphiles chassèrent les hérons et les barcasses des pécheurs furent remplacées par des voitures.

Bien sur me direz vous les résidences de luxe sont plus jolies qu’un dépôt d’ordures et que des eaux stagnantes mais la disparition des zones humides crées par la nature sera un problème écologique récurant dans les prochaines années.

Pour finir en guise de sourire il est symptomatique de notre société qu’un des endroits immobiliers les plus chers de La Rochelle soit construit sur un dépôt d’ordures et de merde. Comme quoi l’argent n’a effectivement pas d’odeur.

Bien évidement les habitants du quartier expulsés dans le début des années 1970 ne profitèrent pas des nouvelles constructions mais furent parqués dans la réserve de Saint Éloi,normale me direz vous pour des gens que l’on nommait » les peaux rouges » .

Amis d’ailleurs, ce quartier que vous connaissez ou que vous foulerez un jour n’est autre que celui du quartier de l’aquarium, de la médiathèque, du cinéma CGR, et des résidences qui les entourent.

Les anciens Rochelais se souviendront certainement de ce marais que l’on disait  » perdu  » et qui effectivement porte maintenant bien son nom.

 

Autre vue du beau marais, pêche et carcasses de voitures.

Petit clin d’oeil au papy de mes enfants qui dans les années d’après guerre roulant sans permis  » eh oui  déjà  » fut contraint par sa jeune épouse horrifiée par cette entorse au règlement d’aller jeter sa voiture dans le marais.

 

Les photos sont empruntées à la revue  » Paroles de Rochelais  », cette revue pour les amoureux de la ville de La Rochelle est à lire absolument.

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MELI-MÉLO ROYAL, OU LA GÉNÉALOGIE COMPLIQUÉE DE LA REINE ANNE

 

 

 

 

                                                            

Anne d’Autriche 1601 – 1666

                                                   

Philippe III   1578-1621                       Marguerite d’Autriche 1584-1611

           

Philippe II              Anne d’Autriche           Charles II d’Autriche        Marie de Bavière

1527-1598                1549-1580                                 1540-1590                       1551-1608

 

En 1615 une petite femme fit son apparition à la cour de France.

Portant les doux prénoms de Dona Ana Maria Mauricia elle ne parlait pas un traître mot de français et n’était jamais sortie de son pays mais allait pourtant devenir reine de France , gouverner notre pays en une période fort trouble et vivre avec son mari un enfer domestique.

Abandonnons tout de suite ses nombreux prénoms et appelons la désormais Anne d’Autriche, puisque c’est d’elle que nous allons parler.

N’ayant pas l’intention d’écrire un récit historique mais plutôt une rencontre généalogique, nous allons partir à la recherche complexe de ses ancêtres.

De haute lignée, son arbre rencontre un nombre d’implexes très important, les gens de la noblesse faisant fi de toutes considérations familiales pour choisir leurs épouses. Ces mariages politiques organisés sur l’échiquier européen avec l’accord de la papauté sont une invitation à la découverte de l’histoire de France et d’ailleurs.

Essayons donc d’y voir un peu plus clair.

Anne d’Autriche fut donc mariée au roi Louis XIII et fut donc la mère du grand roi soleil, quatorzième du nom. Pour l’instant c’est simple.

De quelle nationalité était Anne d’Autriche ? Autrichienne peut être et bien non perdu sut été trop simple elle était espagnole et tenez vous bien de la plus haute extraction car son père était le roi Philippe III .

Cette famille Habsbourg de Madrid conservait donc la nostalgie de ses origines Autrichienne.

On ne croit pas si bien dire car le nommé Philippe avait épousé une Marguerite d’Autriche qui cette fois était bien Autrichienne.

Maintenant tenez vous bien et prenez éventuellement des notes, Philippe III était le fils de Philippe II et de sa propre nièce la nommée Anne d’Autriche fille de sa sœur Marie et de Maximilien II empereur qui était pour faire simple le cousin germain de Philippe II et de sa sœur Marie .

Philippe II avait pour père Charles Quint et Maximilien II avait pour père Ferdinand I .

Charles Quint et Ferdinand I étaient frères, et voilà pour les hommes c’est simple non !!

Anne notre petite reine avait donc comme arrière grand père les deux empereurs

 

  Ferdinand I   arrière grand père d’Anne           

Charles quint arrière grand père d’anne   (1500-1558)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maintenant faisons le même chose avec la mère d’Anne qui je le rappelle se nommant Marguerite était la fille de l’archiduc Charles frère de Maximilien II et d’une princesse bavaroise qui était aussi sa nièce, fille de sa sœur Anne et donc petite fille de Ferdinand I

Anne descend donc de Charles Quint par son père mais descend de Ferdinand I par son père et par sa mère.

Bien nous allons nous arrêter là, mais avant une petite précision Louis XIII avait comme grand mère maternelle Jeanne d’Autriche qui était sœur de Maximilien II et de Charles et d’Anne.

Nos deux jeunes mariés sont donc cousins germain.

J’aime assez ce méli-mélo qui reprendra avec Louis XIV qui épousera ………

 

Généalogie simplifiée de notre héroïne du jour

 

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LE VIOL D’UNE VIE OU LE MALHEUREUX DESTIN DE MARIE THÉRÈSE


La famille Leroy habitait   » la voie du Chatel  », les hommes étaient le plus souvent des bergers.

 

Marie Thérèse Leroy regardait avec tendresse son petit bâtard faire ses premiers pas dans la cour de la ferme.

Nicolas avait maintenant 18 mois, période d’innocence où le petit avait grandit sans ressentir les problèmes qui assaillaient sa mère.

Cette dernière depuis la journée funeste de son viol revivait presque quotidiennement l’outrage qui lui avait été fait. Elle semblait encore ressentir la douleur physique occasionnée par les deux barbares, elle ressentait leurs mains qui l’empoignaient, elle ressentait encore au fin fond de son intimité la présence du sexe de ses agresseurs. Il lui semblait également sentir leur odeur. Ils étaient tapis dans l’ombre de son existence et depuis elle vivait dans un monde de perpétuelle angoisse.

Elle se serait peut être finalement accommodée du souvenir de ses violeurs si le regard de la communauté villageoise ne lui rappelait à chaque instant la dure vérité.

Tout d’abord l’homme qui devait l’épouser fit machine arrière, seul il aurait peut être accepter de prendre pour époux la femme qu’il aimait , mais le poids de sa famille fut plus fort que l’amour et la traînée et son bâtard n’entrèrent pas dans cette famille respectable.

Au sein de la communauté de Marigny en Oxois les choses était bien pire, elle fut marginalisée et rejetée . Il y avait toujours une place de libre à coté d’elle à l’église , au lavoir et à la fontaine les femmes faisaient silence quand elle arrivait .

Pour les hommes du coin la cause était entendue, elle avait du provoquer ces deux militaires et inventer un viol pour justifier de la sale graine qui poussait en son sein. Plus question pour l’un d’entre eux de lui proposer mariage. De toute façon elle commençait à être une marchandise en cours de dévalorisation du fait de son age. Les quolibets et les remarques grivoises accompagnaient souvent ses marches

Ce n’était plus une femme à marier, mais cela pouvait être encore une femme à baiser. Pensez donc cette femme à soldats ne devait pas se faire prier pour soulever son cotillon.

Marie Thérèse souffrait en silence, elle restait droite et digne. Son petit bâtard, elle l’avait gardé et l’élevait comme elle le pouvait. De nombreuses femmes victimes se débarrassaient alors des ces fruits mal venus. Malgré l’opprobre généralisée son employeur l’avait gardée et sa sœur qui la connaissait le mieux lui avait gardé sa confiance, Marie Thérèse n’avait donc pas rejoint la cohorte nombreuse de femmes qui pour survivre devaient vendre leur corps.

Elle n’était pas une prostituée, ni une fille à soldat et aucun homme ne l’avait touchée depuis son agression.

Mais à la fin de l’été 1800 un jeune journalier de passage pour les travaux des champs vint lui conter fleurette.

Il était doux , gentil, attentionné et semblait ne pas s’occuper des ragots des autres ouvriers agricoles.

Aux mots doux , succédèrent les tendres caresses, Marie Thérese pour la première fois baissa sa garde et ne freina pas dans la paille chaude les tendres ardeurs du vigoureux paysan.

Ils se revirent et par une magie à chaque fois retrouvée leurs corps dans une unions parfaite ne firent qu’un.

Hélas le journalier comme les beaux jours disparurent pour laisser place à l’hiver.

Quelques mois passèrent et l’inquiétude de Marie Thérèse grandit, plus de menstrues, des nausées et un ventre qui s’arrondissait. La graine de l’amour léger avait germé et son fruit apparaissait au tout à chacun.

Elle n’eut pas à l’annoncer, tous le virent. La situation était dramatique, plus l’excuse du viol, elle avait été consentante et avait cédé à la tentation.

Encore une fois la défiance et la haine, mais encore une fois le soutien d’indéfectible de sa parentèle proche.

Elle alla déclarer comme la loi l’obligeait sa grossesse aux greffes de la mairie. Le maire, en ce 19 germinal an IX prit la déclaration résignée.

Cette déclaration obligatoire datait du roi Henri II ( celui qui prit une lance dans l’œil ) pour prévenir tout avortement ou tout infanticide. La femme déjà fautive au yeux de tous était passible de la peine de mort en cas de non déclaration, bien sur nous étions sous le consulat et bien que la loi ne fut pas très favorable aux femmes les condamnations n’avaient plus cette sévérité.

Le 15 prairial an IX madame Lolliot l’accoucheuse aida à mettre au monde un fort garçon que sa mère nomma Étienne Pierre. Le nom du père fut gardé secret, Etienne Verneau manouvrier et Agathe Lassé femme Caron servirent de témoin.

Un deuxième petit bâtard babillait au hameau de Voye Chatel.

On ne nourrissait pas les bêtes à rien faire et Marie Thérèse reprit ses activités de servante de ferme.

Le travail était dur et les relation avec le reste du personnel de la ferme conflictuelles. Elle logeait maintenant dans un galetas prêté par le maître des lieux. La promiscuité avec les deux petits garçons était certaine mais un toit est un toit et Marie fit abstraction.

Un jour qu’elle donnait à téter au petit Étienne et que Nicolas crapahutait avec les enfants du fermier, ce dernier entra dans la petite pièce .

Marie eut honte de ce sein dévoilé et sentit le rouge aux joues, que venait faire son maître dans cette mansarde ?

Le brave fermier lui mit le marché en main, sa productivité laissait à désirer et il ne savait pas si il allait pouvoir la garder.

Il lui expliqua que la pression villageoise était forte et que le curé faisait pression sur lui pour qu’il la jette dehors.

Marie Thérese sentit la terre s’ouvrir sous ses pieds, elle se voyait jetée à la rue, mendiant son pain avec ses deux petits.

Le bon fermier la rassura aussitôt et fort d’une grande mansuétude à son égard, il pensait qu’un arrangement ou un effort d’une autre nature lui permettrait de les garder à la ferme.

La pauvre ne comprenait guère ce qu’elle pouvait faire de plus, car elle travaillait déjà comme une forcenée.

Son patron fut plus explicite, il lui demanda de poser son bébé et baissa son pantalon.

Le cycle des souillures commença, pour une paillasse, de la soupe et un toit pour ses deux garçons la servante servit.

Elle vécut comme cela, la patronne se doutait du manège et redoublait de méchanceté à son encontre. Le maître au début profita à tout moment du corps de la jeune femme mais un événement lui freina ses ardeurs.

Marie Thérèse était fertile et un autre fruit se développait, chacun se doutait que le fermier était le père tant les fréquentations masculines de Marie étaient inexistantes. Personne ne pipa mot et Marie reprit le chemin de la mairie pour la sacro sainte déclaration qui fut prise par l indéboulonnable Monsieur Petit en date du 9 pluviose an XII. Le 12 floréal an XII naquit le petit Louis François, madame Lolliot servit comme précédemment de sage femme, Louis Taupin manouvrier et Nicolas Badie cordonnier servirent de témoins.

Fille mère pour la troisième fois, le diable l’habitait sûrement et les femmes se signaient à son passage. Le soupçon de paternité qui pesait sur le fermier fit taire l’ensemble de la communauté et Marie Thérèse continua son labeur et son malheur.

Il ne chassa pas son fils illégitime et son esclave mais la patronne devint encore plus dure et Marie Thérèse endura les pires tourments

L’ardeur amoureuse du maître ne faiblissait pas et Marie Thérèse devint à nouveau mère, le petit Jean Denis naquit le 27 février 1807 par les soins de l’éternel Lolliot.

La déclaration de grossesse n’avait pas eut lieu pour cette dernière maternité.

Louis Nicolas Geoffroy Marchand épicier et Armand Vilcoq bourrelier firent office de témoins.

Quatre enfants naturels c’était un record pour le village et pour l’époque, ils poussèrent comme des mauvaises plantes solides et vivaces au milieu d’un parterre et firent souches en la dure terre de champagne.

Seul le petit dernier n’eut pas ce privilège et mourut encore aux langes.

Le calvaire de cette vie de chienne cessa pour mon arrière grand mère à l’age précoce de 41 ans en cette belle année de félicité impériale que fut l’année 1810.

Le plus vieux des enfants avait 13 ans et le plus jeune pointait sur ses 6 ans, les trois enfants furent placés dans la famille et firent souche en Seine et Marne et dans l’Aisne.

Bien sur le récit narratif est inventé, seuls les fait si rattachant sont identifiables dans les actes d’état civil. D’autres scénarios auraient put se produire, mais l’essentiel n’est pas la. Par la vie de Marie Thérèse Leroy paysanne de Marigny en Oxois j’ai ouvert une petite fenêtre sur la condition féminine pendant l’époque Napoléonienne.

Les femmes violées en cette période de grands mouvements militaires étaient légion et les agresseurs peu ou pas punis.

La société Napoléonienne était patriarcale et les femmes soumises à l’autorité paternel, puis à l’autorité conjugale.

Les filles mères étaient souvent jetées à la rue et alimentaient en permanence les marchés urbain de la prostitution.

Le cas de Marie Thérèse n’est donc pas isolé et le scénario de la pauvre fille qui sert d’objet sexuel à son employeur est envisageable.

Peut être a t’ elle vécu en concubinage, mais ce genre de vie était marginale dans une communauté villageoise au début du 19ème siècle.

Peut être que chaque enfant est le résultat d’un amant de passage.

Mais quelque soit le scénario cette pauvre femme a du souffrir dans son être et dans sa chair.

Son viol par  2 individus fut le catalyseur de son triste destin et influa à n’en pas douter de façon négative sur le cours de sa vie.

La situation d’un mère célibataire avec 4 enfants est déjà laborieuse en notre temps de félicité sociale alors imaginez le calvaire il y a 200 ans !!

Ce texte fait suite à l’histoire du viol de Marie Thérèse  que je vous mets en lien.

https://pascaltramaux.wordpress.com/2015/05/16/une-sinistre-histoire-de-viol-1797-dans-un-village-de-laisne/

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