LES » BEAUMONT » » UNE FAMILLE FORMIDABLE ( épisode 1, les origines )

LES « BEAUMONT » UNE FAMILLE FORMIDABLE

On a tous des Beaumont dans nos familles tant est courant ce patronyme. Il dit bien ce qu’il veut dire et étonnamment son étymologie ne prête pas à confusion .

Mes » Beaumont » à moi sont d’un petit village de la Brie Champenoise nommé Saint loup de Naud, tirent t’ ils leur nom des collines vineuses où le village s’est développé ou viennent t’ ils d’un autre paysage ?

C’est un mystère que l’on ne peut résoudre mais cette famille y puise ses racines au moins depuis le règne du bon roi Henri . C’est attesté ni revenons pas.

Avant de poursuivre cette quête familiale plantons le décor

Un petit village lové autour de son église au sommet d’une colline, 2 hameaux principaux nommés Courton le Haut et Courton le Bas.

Des bois composés d’ essences classiques à forte proportion d’ormes et de chênes, pointillés de bouleaux et de sapins. Des terres labourables sur le plateau avec ses divers bleds font vivre quelques dizaines de familles . Sur les coteaux une terre pauvre accueille des vignes où pisse une pauvre piquette.

De nombreuses fontaines et de nombreux rus qui se jettent dans la rivière Voulzie apportent une fraîcheur et une touche sauvage à l’endroit. Ces rus aux jolis noms, de ru du dragon , ru de Saint Loup et ru de Glatigny sont le cadre d’une implantation humaine forte ancienne et une occupation préhistorique est attestée par la découverte de pierres polies.

L’habitat historique sur l’éperon rocheux qui domine le ru du dragon semble dater du 6ème siècle.

Vers la fin du 10ème un prieuré Bénédictin s’implanta, le village grandit autour de cette protection, la belle église du village joyaux d’art roman est du 11ème et du 12ème siècle.

Les terres du village dépendirent très longtemps des seigneurs de Saint Phalle et la tour de la haute maison est une survivance de leur présence.

Le commerce est inexistant dans le village, le surplus des récoltes quant il y en a est vendu dans la grande ville de Provins toute proche. L’élevage est nul sauf pour la consommation personnelle. Quelques bœufs, des ânes, des chevaux servent de moyen de tractage ou de labours.

Voila pour notre décor, la vie de notre petit village respire la tranquillité lorsque dans la maison de Jacques Beaumont retentit le cri, déjà maintes et maintes fois entendu d’une délivrance prochaine.

Marguerite Mauretour la femme de Jacques va mettre au monde son 5ème enfant, belle performance en 7 années de mariage.

La nature a doté Marguerite d’une forte constitution et d’une belle fécondité, le curé de la paroisse est ravi.

Nous sommes le 19 mars 1690, et dans la petite maison de Courton la sage femme du village et quelques femmes de la parentelle s’affairent.

La délivrance est rapide car comme dit la bonne mère le chemin est déjà fait et le petit Charles voit le jour. Comme le veut la tradition le prénom lui est donné par son parrain Charles Cordier, la marraine Colombe Grellier amène immédiatement l’enfant à l’église pour le baptême.

Le père Jacques a déjà 49 ans mais la maman est une toute jeune femme de 26 ans. Des quatre premiers enfants, deux ont rejoint le seigneur sans avoir dépassé l’age des langes . Rien de bien surprenant, les paysans habitués à cette mortalité infantile n’en font pas une affaire et poursuivre leur labeur. Cette résignation face à la mort ne les exemptent évidement pas de tristesse mais fatalité, Dieu rappelle la moitié de ceux qu’il a créés .

La famille Beaumont inonde de sa sueur depuis plusieurs génération les coteaux du village, ils sont vignerons et possèdent en propre quelques arpents.

Point riches, mais point pauvres, la possession de ces terres est le fruit d’une longue politique familiale de mariage entre vignerons. A vrai dire les Beaumont sont apparentés à la plupart des familles du village et lorsque Jacques croise un Chapotot, un Mignot , un Cordier , un Gou, un Corne, un Juin, un Cas il sait qu’ils ont quelques choses en commun.

Jacques n’est pas le chef de la fratrie Beaumont car son frère aîné Jean est encore dans la force de l’age. Ils ont tous deux hérité des terres de leur père Nicolas mort à l’age respectable de 80 ans en 1680.

Le tableau est dressé, petit Charles sera vigneron comme ses pères si Dieu lui prête vie.

Pour l’instant il n’est point question de vigne, sanglé dans des bandelettes le petit, baignant dans sa pisse et dans sa merde est accroché à une poutre sous la surveillance de quelques vieux. Il résistera à ce traitement et bientôt gambadera librement dans le petit hameau de Courton. Puis son univers s’agrandira,il découvrira Courton le haut, et le bourg principal. Mais sa plus jouissive promenade sera quand son père l’emmènera dans les vignes familiales, il en gardera un souvenir impérissable d’autant plus que ce dernier rendra son âme à Dieu prématurément en 1695 à l’age peu canonique de 54 ans.

Maintenant les voilà seuls avec la mère, 7 enfants sur les bras la pauvre se retrouve démunie.

Mais chez les Beaumont la solidarité exerce pleinement son rôle évitant à la jeune veuve de 31 ans et à sa progéniture de mendier un quignon de pain pour ne pas crever de faim.

La mortalité assez élevée laissait le loisir à bon nombre de paysans de se remarier, Marguerite était une solide femme encore jolie, travailleuse et bonne chrétienne et qui se laissa convaincre 5 mois après la mort de son mari de convoler de nouveau, faisant fi du délai de viduité

Le beau père de Charles, le nommé Nicolas Chapotot est bien sur un vigneron et c’est lui qui apprendra à son beau fils le noble travail.

Le mariage fut bien sur arrangé, Nicolas était âgé de 19 ans, il prit la veuve aux 7 enfants et en échange assura le travail des vignes de feu Jacques Beaumont. Jeune puceau inexpérimenté il profita de l’expérience de Marguerite. Comme les collines à vignes, le ventre de la mère de Charles était fertile et un petit Chapotot ne tarda guère à augmenter la maisonnée.

Ce fut donc une constance, Charles ne connu sa mère qu’avec un gros ventre, les enfants couraient partout et 4 marmots supplémentaires enrichirent la famille recomposée.

Le schéma est somme toute classique, beaucoup d’enfants, un père qui meurt jeune, une mère qui se remarie et fait de nouveaux enfants et une endogamie professionnelle pour préserver le patrimoine, nous retrouverons Charles Beaumont dans un épisode futur où sera abordé son adolescence et son mariage.

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