UN CONSCRIT DE CHARENTE INFÉRIEURE EN 1813, LA BATAILLE DE DRESDE ( ÉPISODE 5)

Concernant papa François, Napoléon se leurrait encore et pensait que son armée de l’Adige aux mains d’Eugène et son armée de Mayence en cours d’organisation sous Augereau allaient changer quelques choses en impressionnant les Autrichiens.

Mais le maestro de la diplomatie Metternich savait au fond de lui même que l’empire français allait s’écrouler et ce n’est pas la colère mémorable de Napoléon qui le fit changer d’avis

Les Français prirent leur ligne sur l’Oder, et le 6ème corps s’installa dans la région de Buzlau.

Il en avait de bonnes le Napo, cantonner dans un pays hostile n’avait rien d’un amusement, il fallait en permanence se garder et surtout ne pas s’isoler car nos alliés les Saxons ne nous portaient guère dans leur cœur. La montée d’un nationalisme allemand n’était pas perçue par l’aigle corse mais sur le terrain l’histoire ne se contait pas de la même façon.

Quoi qu’il en soit il aurait dû se douter notre génie ,que la présence française en Allemagne, en Hollande en Belgique, en Pologne, en Espagne et en Italie ne pourrait satisfaire les peuples et leurs gouvernants.

Antoine ne moissonna pas les champs familiaux, mais travailla aux terres de Saxe, cela lui rappela le labeur d’en-tant et lui fit oublier un peu les longues marches en colonne.

La satisfaction du ventre accomplit, les soldats pouvaient rêver à une promise. Il n’était pas question de toucher aux paysannes saxonnes, les coups de fourches et de fusils calmaient les téméraires. Heureusement une cohorte de femmes, avenantes bien qu’un peu vénales, suivait les armées au plus près des lignes.

Antoine avait cédé à la tentation et avait perdu sa virginité avec une forte italienne qui avait fait toutes les campagnes du Buonaparte. Ces femelles redoutables faisaient plus de dégâts que l’ensemble des canons prussiens et nombres de soldats se trouvaient plombés. Périodiquement les officiers les chassaient, mais telle une nuée de sauterelles, revenaient à la satisfaction de tous.

Cette paix de Pleiswitz fut le tournant de l’empire, au congrès de Prague qui suivit rien ne sortit de bon et l’Autriche rejoignit la coalition. Les choses s’aggravaient pour les Français, une lutte disproportionnée allait s’engager entre l’Europe et Napoléon.

L’empereur fit de Dresde une immense place de guerre et consolida les débouchés de Bohême.

Trois immenses armées allaient s’abattre sur les Français, celle du Nord commandée par le traître et forte de 110000 hommes, celle de Silésie de 1400000 sous Blucher et enfin celle Austro-russe de Bohême forte de 250000 hommes.

Napoléon dispose de 300000 hommes plus l’armée de Davout occupant Hambourg.

Antoine est toujours aux ordres des mêmes généraux, seul le chef du 15ème a changé en la personne du colonel Rougé son régiment est de 1407 soldats, les visages connus se raréfient.

Les débuts de la campagne s’effectuent sous des pluies diluviennes, Napoléon comptait prendre Berlin mais Oudinot fut battu à Gross beeren par Blucher , l’idée d’avancer en colonne distincte à l’opposé de la tactique impériale ne fut pas une bonne idée.

Les alliés quand à eux, conseillés par le grand général Moreau et par le transfuge Jomini décidèrent de porter leurs troupes sur Dresde.

Cette ville défendue par Gouvion Saint Cyr devait être secourue rapidement.

Les alliés ne profitèrent pas de la faiblesse de la défense de la ville et laissèrent Napoléon la secourir.

Le 26 août 1813 les coalisés attaquèrent enfin, mais le grand Napoléon fit merveille et repoussa toutes les attaques.

Pendant ce temps Antoine avalait les kilomètres et volait au secours de son empereur.

Bon, relativisons, il ne savait pas ou il allait, était épuisé, trempé et ses pieds couverts d’ampoules.

Le 6ème corps arriva dans la nuit du 26 et prit position au faubourg de Dippoldiswalde. Tous s’effondrèrent sur place pour dormir quelques heures le ventre vide .

Cherchant un abri sommaire pour se protéger de la pluie Antoine trouva un sommeil tourmenté qui ne dura que très peu de temps. A l’aube chacun était en place Marmont était au centre avec Ney et la garde, Napoléon fit attaquer par les ailes où le grand Murat de retour fit merveille avec la cavalerie. Ce fut aussi bientôt le tour de la brigade d’Antoine de combattre. La pluie froide et dense rendait chaque mouvement difficile, les hommes serrés avançaient au son du tambour. L’objectif était un village nommé Plauen. Pour Antoine ce n’était que quelques masures noyées sous la pluie et desservies par des chemins boueux. Il n’en vit d’ailleurs pas plus ayant tiraillé toute la journée il apprit en fin de journée que les Français avaient remporté une grande victoire, les coalisés se sauvaient de toutes parts.

Ce fut l’une des dernières fulgurances de génie de Napoléon, cette belle victoire ne fut pas suivie par une belle poursuite.

La première préoccupation d’Antoine comme des autres fut de se nourrir et de se sécher. Tout était trempé, le pain , la farine n’étaient qu’inconsistance. Le plus dur fut d’allumer des feux avec le bois trempé. Le parquet et les meubles brisés d’une demeure saxonne firent un excellent combustible et chacun repu d’une infâme bouillie faite de farine et de viande s’effondra le fusil à proximité pour une nouvelle nuit à la belle étoile.

Puis tout se délita, les généraux de Napoléon perdirent leur bataille, la Katzbach, Kulm, Dennewitz portèrent de rudes coups à la belle armée française.

Les marches et les contre marches firent le reste pour anéantir l’armée de Napoléon, la pluie, la faim, la misère s’acharnèrent sur les Marie Louise. Chaque jour des soldats mouraient d’épuisement ou achevés par les cosaques et les paysans. Mais un nouvel ennemi terrible se dressa, le redoutable typhus fit son apparition, des milliers de jeunes affaiblis par la misère en moururent.

Napoléon au regard de tous ces événements sut qu’une confrontation générale se dessinait et qu’elle déciderait du sort de l’Europe et de son empire.

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