UN CRIME ODIEUX EN SEINE ET MARNE

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Depuis 6 semaines qu’il avait disparu, il y avait bien lieu de s’inquiéter. Qu’était devenu Claude GRUYER ?

Un personnage que ce Claude, ancien soldat il était devenu garde chasse de Madame de Chenoise.

Il était en charge d’un grand domaine où le gibier était fort bondant.

Il organisait les chasses mais aussi traquait à l’occasion les braconniers. Il faut bien dire que les animaux proliféraient et nuisaient gravement aux cultures. D’autre part la vie était fort dure en ces campagnes, la moindre fluctuation météorologique anéantissait les récoltes et mettait à mal l’économie paysanne, la disette ou pire la famine s’installaient et alors la mort fauchait impitoyablement les corps affaiblis. Alors la tentation était grande de s’introduire dans les forêts royales et seigneuriales pour survivre ou améliorer son ordinaire. Claude avait parfaitement conscience du problème mais son travail était de défendre les intérêts de sa patronne quelque soit sa répugnance à faire punir des pauvres gens dont il était lui même issu.

Le 14 juillet 1725 à la tombée de la nuit il partit surveiller une pièce de bois ou il avait relevé des collets , en compagnie de son chien, fusil sur le dos, baïonnette emmanchée, un morceau de pain et de fromage dans sa musette. Il embrassa furtivement son épouse lui souhaitant une bonne nuit en lui disant qu’il serait de retour dès le lendemain matin.

Personne ne le revit vivant.

Son épouse s’inquiéta rapidement, la matinée était maintenant passée, puis la journée.

La nuit suivante elle ne dormit que très peu guettant le moindre bruit annonciateur du retour de Claude.

La journée suivante morte d’inquiétude elle signala sa disparition à Monsieur le curé Le Normand,

Il se chargea d’aviser les gens du château.

Une battue fut rapidement organisée, mais comme personne n’avait la moindre idée de l’endroit où il avait pu aller, les recherche furent veines.

Le retour tant espéré n’eut pas lieu.

Le vendredi 24 août, un paysan qui passait au lieu dit des Fourches fut attiré par une odeur pestilentielle , il se rapprocha et découvrit l’horreur.

Il s’enfuit en courant et donna l’alerte au village de Montceaux lès Provins, rapidement chacun lâcha son ouvrage se précipita sur les lieux. Les autorités seigneuriales furent saisies et se retrouvèrent avec les villageois à l’endroit de la macabre découverte.

Le corps ou plutôt les morceaux du corps étaient éparpillés. En décomposition avancée présentant de nombreuses traces de morsures, 5 morceaux gisaient espacés d’une douzaine de pieds l’un de l’autre. La tête semblait lardée de coups de baïonnette. Un fusil se trouvait à proximité immédiate.

Le dépeçage du corps et sa dispersion mettaient en cause les hôtes de la forêt, pour ce qui était des causes de la mort, le meurtre était plus que probable, tant l’acharnement sur le visage sentait l’œuvre humaine.

Bien que le chef de l’individu fut difficilement identifiable, un nom courut bientôt sur toutes les lèvres. C’était sans aucun doute le garde chasse ,  l’arme et les vêtements étaient bien les siens.

Puis à bien y regarder, l’ignoble masse sanguinolente de chaire gardait trace des caractéristiques faciales de Claude GRUYER.

Après l’examen sommaire des lieux et du corps il fut décidé par ordre de justice que l’inhumation pouvait avoir lieu.

Il y avait urgence, sans cette inopportune découverte, les restes charnels auraient été promptement terminés par la faune locale.

Une charrette fut réquisitionnée et les ossements furent transportés au cimetière de Montceaux Lès Provins.

Silvestre Le Normand curé de la paroisse officia la cérémonie en présence des amis et de la famille.

Ainsi se termina cette petite histoire criminelle qui marqua suffisamment le curé pour qu’il en fit mention dans le registre paroissial de la commune.

Un suspect fut il arrêté, la justice passa t’ elle ? Considérons ceci comme un mystère, la science criminelle était bien moins développée qu’en notre époque où pourtant subsiste aussi de nombreuses interrogations et d’affaires non élucidées.

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