HISTOIRE DE VIEILLES PIERRES, LA MAISON DE MARIE

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MAISON DE MARIE

Blottie au pied d’un ginkgo biloba centenaire, ceinte de murs entourant un jardin luxuriant, bercée de soleil, la vieille demeure somnole.

Veillée par les âmes des anciens prieurs qui reposent pour l’éternité dans le jardin de la maison le temps s’égraine lentement.

A l’ombre de l’église Notre Dame de Vouharte les vieux murs de la maison sont bordés par une jolie place ombrée d’arbres. Ancien jardin des morts, les mânes des défunts dans de vastes farandoles animent parfois l’ancien sanctuaire.

Le clocher majestueux domine les 5 bras de la Charente qui serpentent à ses pieds, les restes d’un ancien prieuré suggère une opulence,maintenant disparue. Tout semble figé dans le temps, seul les flonflons des fêtes organisées par l’association Grandir à Vouharte viennent troubler le silence impénétrable des lieux.

Marie ma cousine se fond à merveille dans l’ambiance tutélaire des lieux, silence , méditation et recueillement.

Mais il fut un temps pas si lointain ou la jolie place bruissait de mille bruits. Marie installée depuis de nombreuses années à l’ abris de son clocher avait reçu la demeure des mains de son père.

Ce dernier entreprenant chef d’entreprise avait su faire prospérer la maréchalerie issue du travail de son propre père.

A l’époque de la mutation entre l’agriculture hippomobile et celle automobile de nombreux

artisans avaient fermé leur atelier, d’autres plus malins avaient muté en vendeurs, réparateurs d’engins agricoles.

Jacques le père de Marie, forgé au dure métier, fut l’un de ces derniers.

Revenons maintenant à notre maison et plongeons dans le temps, la physionomie de l’endroit s’est quelque peu modifiée mais laissons librement filer notre imagination.

Dans le bâtiment principal une ancienne forge, l’environnement est encombré de diverses machines agricoles, l’ancien et le nouveau se côtoient encore, il règne sur l’endroit un air de nouveauté que Roger l’ancêtre Maréchal Ferrant ne voyait que d’un œil circonspect.

Ce n’est que mouvement et agitation sur la place, les tractations se font encore à l’ancienne, poignets de mains et coups au bistrot.

Roger DUCOURET n’est plus depuis 1956, son fils Jacques gouverne en maître l’atelier qui devient  sous son impulsion une jolie entreprise.

A l’étroit dans l’ancienne forge tous déménageront pour des lieux plus vastes qui sont toujours ceux où se trouvent encore aujourd’hui la célèbre entreprise.

Cette forge avec hangar, écurie, maison principale, maison à la suite, cour, jardin était habitée par Roger depuis 1930, Jacques et son frère Michel y étaient donc nés.

L’ensemble n’appartenait pas en propre à Roger, malgré une tentative d’achat malheureuse dans les années 30 mais à son père Louis DUCOURET agriculteur au Fouilloux.

Le vieux Louis qui avait survécu à son fils Roger en avait fait don à son petit fils Jacques qui administrait avec maestria l’ancienne forge. Nous étions en 1958. Louis s’éteindra l’année suivante.

Louis possédait la forge de son fils depuis 1946, date à laquelle il avait acheté l’ensemble au frère LAUNAY. Ces derniers résidant à la Couronne près d’Angoulême, chef de service de papeterie et employé de bureau n’ont jamais résidé à Vouharte.

Un bail de location liait Roger DUCOURET et les frères LAUNAY depuis 1941.

C’est pendant cette année que les frères LAUNAY avaient acquis l’ensemble des bâtiments en l’achetant à la famille FIXOT , Moise, Yves et Lucille. Héritage de leur père Moise qui avait acheté la forge en 1939 au dépend de Roger DUCOURET toujours l’unique occupant avec sa famille du groupement forge et habitations.

Les frères LAUNAY n’achetèrent en 1941 que les 2 tiers de la propriété, le dernier tiers resta aux mains de Lucille FIXOT femme BABONNAUD.

En 1944 Lucille FIXOT concéda son tiers aux frères LAUNAY, pour la somme de 20000 francs payés en en billets de la banque de France.

Les 2 premiers tiers leurs avaient fait débourser 13000 francs. L’ensemble revenait donc à 33000 francs * greffés de l’occupation des lieux par Roger DUCOURET.

Mais plongeons dans le temps, Roger en 1931 achète donc l’ensemble des bâtiments et installe son labeur et sa famille qui s’agrandissaient. Malheureusement il mangea la grenouille et resta locataire.

L’affaire se déroulait pourtant bien, 20000 francs remboursables sur 10 ans.

Le vendeur issu d’une vieille famille Vouhartaise se nommait Pierre Bernard, employé commercial à la grande quincaillerie Rochelaise Laurent sise rue Saint Yon, il était l’unique héritier de son père, feu Jean arthur ( ou Raphaël sur l’acte notarié ) docteur en médecine.

Il vendit au décès de sa grand mère Marie TURLAIS morte dans la dite maison le 23 mai 1931, sans doute peu  intéressé par la vie à Vouharte , les personnes ayant eux un lien avec la maison étaient toutes décédées.

A vrai dire la maison était l’acquisition de toute une vie des arrière- grand parents de Pierre Bernard.

En 1876 Jean Bernard dit Rigaillou et son épouse Marie BONNEMAIN souhaitant s’installer et développer leur activité de marchand de bestiaux achetèrent une partie des bâtiments à Pierre PIFFRE et à CORNAUD Marie.

Le commerce sera florissant et la rue du centre comme on la nommait était une véritable ruche, paysans amenant leurs animaux, troupeaux emmenés aux foires d’Aigre et de Rouillac.

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Église Notre Dame de Vouharte

La place de l’ancien cimetière est encombrée de charrettes au grand dam des femmes qui crient au non respect des morts, des pierres tombales surgissant toujours entre les animaux qui paissent.

Jean est né en 1829 à Genac et Marie née en 1832 est une vouhartaise, le couple marié à Vouharte en 1851 aura 3 fils.

L’achat de l’ensemble tel qu’on le trouve lors de l’installation des DUCOURET a été composé en plusieurs fois.

Une première partie en 1874 achetée au couple Jacques LOTTE et Marguerite PIEDFROID.

La partie principale en 1876 au couple Pierre PIFFRE et Marie CORNAUD

En 1899 un atelier de maréchalerie et dépendances aux époux Louis BELLIGOT et Marie MERIGNAC.

En 1909 un bâtiment à la famille TURQUOI.

L’ancêtre Jean décéda dans sa maison en 1904 et sa veuve en 1924 âgée de 86 ans.

L’héritier se nommait Jean BERNARD et développa une entreprise de boucherie, souvent complémentaire de la vente de bestiaux.

Né en 1852 il épousa lui aussi une Vouhartaise nommé Marie TURLAIS.

Jean le boucher décéda en 1912 dans la maison et sa veuve Marie TURLAIS,  y resta jusqu’à son décès en 1931. En 1911 le couple et la mère de Jean y vivaient avec leur servante Marguerite LASCOUX.

Le docteur BERNARD décéda à la Couronne ( 16 ) en 1915, laissant donc Pierre BERNARD notre employé de commerce comme seul héritier .

Plongeons maintenant dans le temps et retrouvons Pierre PIFFRE et Marie CORNAUD, cultivateurs ils achetèrent l’ensemble à Pierre AUGIER et à Marie LABORDE en 1855,  acte déposé chez maître RANCON à Vars.

Pierre était cultivateur et même un bon car il obtint un prix en 1857 pour le bon comportement d’une jument, exploit agricole qu’il réitérera en 1866 .

Originaire de Saint Cybardeaux, Pierre s’était marié avec Marie, une fille du village en 1850.

Ils achetèrent donc la propriété aux époux AUGIER et LABORDE. Ces derniers propriétaires cultivateurs s’étaient mariés à Vouharte en 1840, elle était d’une famille vouhartaise et lui venait de Saint Groux canton de Mansle .

Quelle était la physionomie des bâtiments à l’époque difficile de se faire une idée. Mais gageons que les murs principaux de la bâtisse plongent leur origine très loin dans le temps et que cet endroit fut habité dès la création du prieuré vers les années 900.

De nombreuses personnes décédèrent dans la maison, est- ce que c’est vraiment l’esprit de ces derniers qui viennent hanter la demeure, cela reste un mystère.

LISTES DES DIFFÉRENTS PROPRIÉTAIRES

Marie

Jacques

Louis

LAUNAY  Angel Daniel et LAUNAY Jean Henri

FIXOT Moise, Yves et Lucille

BERNARD Pierre

BERNARD Jean Arthur ( Raphaël ) ( Vouharte 09/05/1873, La couronne 20/01/1915 )

BERNARD Jean Auguste

BERNARD Jean

PIFFRE Pierre

AUGIER Pierre

LISTES DES DIFFÉRENTS OCCUPANTS

Marie

Jacques DUCOURET

Roger DUCOURET ( Vouharte 13/07/1905, Vouharte 14/0/1956 ), sa femme et ses 2 fils

Marie TURLAIS (Vouharte 19/03/1853, Vouharte 23/05/1931 )

Marie TURLAIS, Jean Auguste BERNARD ( Vouharte 14/04/1852, Vouharte 21/06/1912 )

Marie TURLAIS, Jean Auguste BERNARD, Marie BONNEMAIN

Marie BONNEMAIN (Vouharte 28/03/1832, Vouharte 01/10/1924 )

Marie BONNEMAIN et Jean BERNARD (Genac 30/10/1829, Vouharte 09/01/1904 )

Pierre PIFFRE et Marie CORNUAUD

AUGIER Pierre et Marie LABORDE

Nota : Un ouvrier gagnait entre 7000 et  8000 francs par an

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