LA GROSSESSE JUVÉNILE

les-nomblieres

Les Nomblières commune d’Anais en Charente

Nous sommes en 1764, le roi Louis de son château Versaillais règne sur la France, la marquise est morte et ne commande plus à son âme. Le quinzième qui n’est plus le bien aimé depuis longtemps, ne connaît probablement pas sa Province Angoumoisine et encore moins les petits villages d’Anais et d’Aussac.

Ces 2 petits bourgs, situés au nord d’Angoulême, comme tout leurs semblables vivent dans la tranquille autarcie paysanne qui convenait à la société de l’époque.

La vie réglée par les travaux des champs, les fêtes religieuses et les événements familiaux s’écoulait au rythme tranquille des saisons.

Le village d’Anais avec ses 500 habitants était composé de plusieurs hameaux en plus du bourg principal.

Les Nomblières était le fief d’une famille de laboureur à Bœufs assez conséquente nommée Basset.

Fort nombreuse, cette petite colonie familiale étendait ses bras sur les communes limitrophes.

En attendant de posséder leurs propres terres, les Basset possédaient les moyens de l’exploiter, des bœufs, des charrues, des charrettes et une nombreuses progénitures mâles.

Par le moyen très simple des unions endogamiques la richesse de la famille se préservait et augmentait même régulièrement.

Les Basset de Nomblières, laboureurs à bœufs ne se mariaient à minima qu’avec d’autres laboureurs à Bœufs.

Le chef de la famille se nommait Amant, il régnait de façon autocratique sur ses enfants, ses neveux et autres parentelles.

Son fils Jean né en 1747 était maintenant bon à marier, des biens ils en possédaient et son installation au sein de la structure familiale ne poserait aucun problème. Sa future avait même été choisis dans une famille du village d’aussac situé à proximité d’Anais. La promise ne venait pas d’un foyer inconnu car la grande sœur était déjà mariée à un demi frère d’Amant. Rien que du très banal, Madeleine Vigier avait épousé Jean Basset fils de Nicolas Basset, Marguerite Vigier épouserait Jean Basset fils d’Amant Basset et petit fils de Nicolas.

La dote était constituée, Simon Vigier laboureur à Bœufs d’Aussac était fier de se lier une nouvelles fois à la puissante famille des Basset, il ne restait plus qu’à attendre, car la petite n’avait pas 14 ans.

Marguerite née le 30 décembre 1750 était une belle jeune fille à la taille fine aux hanches parfaites et à la poitrine naissante bien dessinée. Elle se savait promise au Jean Basset, contente ou pas, elle faisait partie d’un contrat ou elle n’avait pas voie au chapitre.

Elle voyait de temps en temps son futur, celui ci avide guettait à chaque rencontre les transformations physiques de Marguerite, en octobre 1764 se tint donc une fête ou les 2 familles se retrouvèrent. Jean trouva Marguerite fort à son goût et toute la journée les 2 promis se firent des mignardises.

En fin de soirée tourtereaux échappèrent à la douce surveillance des aînés.

Des baisers furent échangés, s’étaient les premiers, puis vinrent les caresses, Marguerite devint un peu plus rétive, mais la fièvre des corps contagieuse la gagna. Jean qui bien que novice en la matière sut s’y prendre  poussa son avantage et peu à peu les défenses de Marguerite tombèrent.

Ses seins blancs se dévoilèrent, ses cuisses musclées se montrèrent, intérieurement se sentant fautive, mais victime consentante elle se laissa faire.

Enivré par l’ultime toison, enfiévré par la rosée du petit pré de Marguerite, Jean s’abandonna au plaisir de la chair et brisant son hymen, brisa également celui de Marguerite.

Confus les 2 promis, maintenant amants regagnèrent la fête.

2 mois passèrent avant que la mère de Marguerite ne s’aperçut que la poitrine de sa petite prenait une importance qu’elle ne devait pas avoir et que son ventre s’arrondissait de façon coupable.

Marguerite questionné par une paires de gifles avoua sa soirée avec Jean Basset.

Simon le père entra dans une colère folle et corrigea sa fille à coups de ceinture, cette dernière, les cuisses et les fesses cinglés de multiples zébrures ne dut son salut qu’à l’arrivée impromptue du curé de la paroisse le père Pontevin. Il fut aussitôt mis au courant de l’arrivée du diable dans la maison.

Ce n’était pas très courant qu’une grossesse survienne à cet age,  » fi de diou la drolesse elle est ben précoce  » .

Après que chacun lui eut extirper à force de taloches le nom du géniteur et les plus précieux détails, il ne restait plus qu’à se rendre aux Nomblières pour annoncer la bonne nouvelle au père Amant Basset.

Ce dernier venait de rentrer de son champs quand il vit débarquer Simon Vigier et le curé d’Aussac.

La nouvelle l’assomma, mais tant que Jean n’aurai pas avoué le doute subsisterait. Celui ci fut rapidement levé car Jean qui aimait sa petite Marguerite leva toutes ambiguïtés sur le sujet.

Simon Vigier voulait évidement réparation, il fut convenu en gens d’honneur que malgré la faute réciproque le contrat entre les deux parties ne serait pas rompu .

La nouvelle se propagea à la vitesse d’un cheval au galop, le Jean avait déniaisé la pucelle au Simon Vigier et lui avait collé un marmot. Les paysans étaient goguenards, pardi ce n’était pas leurs enfants et les paysannes étaient horrifiées. La Marguerite a le diable au fesse , encore un peu et s’était elle qui avait violée le le grand nigaud de Jean Basset.

Devant l’opprobre généralisé le curé François Guy de Pontevin refusa d’unir les 2 amants, pour les familles, la honte se faisait encore plus forte. La petite ne pouvant rester chez elle car Simon aurait fini par la tuer et ne pouvant décemment habiter avec Jean sans être mariée, la solution vint de la sœur de Marguerite qui persuada son mari de la prendre avec eux.

L’avantage c’est qu’en vivant aux Nomblières avec la tribus Basset, Marguerite serait peu à peu intégrée.

Les prêtres d’Anais et d’Aussac fulminèrent quelques temps en chaire contre le péché véniel hors union et hors procréation. Chacun baissa la tête et entendit se qu’il voulut. Les villageois parlaient bas, la moitié du village était apparentée au Basset.

Le 6 juillet 1765 le fruit du mal naquit et fut baptisé aussitôt. Le bon prêtre Dejouffer nota que l’enfant était le fruit naturel et légitime de Jean Basset et de Marguerite Vigier, aucune mention de bâtardise, la situation se normalisait.

Amant Basset qui avait sûrement influencé par quelques dons la volonté fléchissante du curé d’Anais fit de même mais plus difficilement avec le curé d’Aussac.

Jean Basset fut uni dans les lien sacré du mariage avec Marguerite âgée de 16 ans, le 03 février 1767 en l’église d’Aussac.

L’ensemble de la famille fut présent y compris Simon le père de la mariée.

Marguerite la paria pouvait de nouveau marcher la tête haute, faire ses messes et s’alanguir de nouveau dans les bras du beau Jean.

Le chemin de croix dura presque 2 ans mais cette mère enfant ne fut point bannie, fut accueillie dans la famille de son amant devint une bonne épouse et une bonne mère dans la tradition paysanne de l’époque.

L’enfant issue de cet union maléfique et juvénile mourut le 20 novembre 1767.

Jean et Marguerite eurent 8 autres enfants dont mon épouses est issue. A ce propos il est à signaler qu’ hélas les mentalités du 20ème siècle était encore plus étroite que celle du 18ème et une mère célibataire d’un petit village de Charente ne fut pas touchée par la mansuétude d’un Amant Basset et confia pour vivre, son fruit à des tiers.

Notre Marguerite mourut des suite d’une couche à l’age peu vénérable de 39 ans entourée de son Jean et de ses enfants.

Son corps devenu poussière hante encore les Nomblières, que chacun se souvienne de cette petite fille devenue mère.

Repères chronologiques

1743 naissance de Jean Basset fil d’Amant et de Marie Grelier.

30 décembre 1750 naissance de Marguerite Vigier à Aussac ( 16 ) fille de Simon et de Marguerite Sauvage

Octobre, novembre 1764, conception probable de l’enfant

6 juillet 1765, naissance hors mariage de Jean Basset aux Nomblières commune d’Anais ( 16 )

03 février 1767, mariage de Jean Basset et de Marguerite Vigier église d’Aussac ( 16 ).

20 novembre 1767, décès de Jean Basset agé de 2 ans fils de Jean et de Marguerite.

19 mai 1789 décès de Marguerite Vigier femme de Jean Basset

8 octobre 1803 décès de Jean Basset veuf de Marguerite Vigier

 

 

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