BATAILLE DE LA SOMME, ( Attaque du bois de Préssoire ), la guerre à Fernand épisode 8

bou tranchée

La misère des tranchée

Le repos ne dure que quelques jours, juste le temps de sécher les habits et de vaguement les décrotter.

Même si l’hôtel n’est pas 4 étoiles, au moins on dort au sec et on mange à l’abri. La faiblesse de certains les mènent droit à l’infirmerie, des bronchites se déclarent et deviennent rapidement très grave à cause de l’épuisement.

Mais le major ne s’apitoie guère et renvoie sans ménagement la plupart des soldats qui se présentent, Fernand comme les autres ne tient plus debout mais ne tente pas de se faire porter pâle.

Le 3 novembre la 75ème brigade reprend sa place en 1ère ligne en relevant la 50ème.

Il pleut un peu moins, mais le paysage dévasté ressemble à un marécage, les trous d’obus forment de profondes mares et les fondrières sont légions.

Bien évidement, les boyaux et les tranchées sont gorgés d’eaux.

  • Bordel y’a autant de flotte qu’ y a une semaine
  • tu t’attendais à quoi bougre d’âne
  • on est pas en Tunisie
  • ouai on va encore chier debout un moment.

bou tranchée 2

quoi qu’on fout là

Les jours qui suivent son calme, enfin presque, des bombes tuent chaque jour quelques hommes et en estropient le double, mais tout le monde est habitué, on évacue les morts, les aumôniers font une prière ,et les territoriaux creusent, le quotidien en sorte.

Le temps encore une fois passe lentement et ce n’est pas l’annonce de l’attaque pour le 7 novembre qui ravive l’ambiance.

L’ordre d’attaque sur le bois de Kratz et sur Pressoir se décline ainsi

La 75ème brigade met en ligne 6 bataillons.

La 50ème un bataillon

A cela s’adjoint , 4 compagnies du 240 territorial et 4 groupes AD 25

Le colonel Rolland prend le commandement de la 1ère vague d’attaque qui se compose de 2 bataillons du 1er zouave et un bataillon du 9ème tirailleur.

Fernand et son bataillon sous les ordres du capitaine Simondet sont en réserve d’attaque.

Un peu en retrait se trouve la réserve de brigade puis la réserve de division.

Le 7 novembre tout le monde est fin prêt, drogués à la gnôle , les hommes sont prêts à mourir, même peur, même mot, même interrogation.

  • Quoi qu’on fout là ?

A 9 H 55 les 3 bataillons s’extirpent du long serpent de boue et dans un élan irrésistible avalent les boches.

Le tir de barrage allemand est imprécis et frappe les troupes en réserve, ils s’apercoivent vite de l’erreur et à 10 h0 7 il rectifie leur pointage. Trop tard, le bataillon de Fernand se rue à son tour  et s’établit dans la tranchée du Sac et Bissac. Le 2ème bond se fait à 10 heures 15. On apprend que le village d’Ablaincourt est pris, mais les liaisons classiques commencent à faire défaut, plus de téléphone, plus d’optique. Les pigeons et les coureurs apportent seuls des renseignements.

On apprend par fusée Ruggieri que les tirailleurs ont atteint leur objectif et qu’ils progressent maintenant le long du bois de Kratz et qu’ils sont en liaison avec un des bataillons de Zouaves.

On entre maintenant dans Préssoire et de nombreux prisonniers sont faits.

Fernand avec ses copains attend dans sa tranchée, il ne sait rien et patiente comme tout le monde.

Le bruit est assourdissant, les balles sifflent, blottit dans la boue, les ordres se font attendre.

Mais la situation est bonne, le barrage d’artillerie boche diminue, laissant place à des tirs de mitrailleuses. A 12 H 58 l’objectif est atteint et Préssoire est dépassé d’environ 100 m.

La lutte a été chaude et le nettoyage du village et du bois très dur. Il faut maintenant consolider l’avantage. Le Capitaine Simondet avec son bataillon et des éléments du bataillon Maré se portent en avant pour en finir avec les teutons. Malgré que le gros de la bataille soit terminé ,  de rudes combats, presque du corps à corps continuent,  Fernand comme chargeur de mitrailleuse se dépense sans compter. Puis sonne l’hallali pour les allemands, le nettoyage des tranchées commence, 300 soldats allemands sont férocement éliminés, ( le mot férocement est utilisé par le rédacteur du journal de marche ). Le vengeur et la rosalie des chacals sont rougis par le sang des gamins d’outre Rhin.

Le 8 novembre la messe est dite, les pertes de la veille sont dures mais on en ressort vainqueur.

4 officiers tués et 10 blessés, 78 tués et 434 blessés parmi la troupe, ainsi que 130 disparus, sans doute des blessés récupérés par la 62ème division.

La 75ème est remplacée sur place par la 50ème.

Fernand s’en tire à bon compte, il est vivant.

Son action lui vaut une nouvelle citation

Citation à l’ordre

du Régiment n°257

Le lieutenant Colonel ROLLAND commandant le 1er régiment de marche de Zouaves

cite à l’ordre du régiment ;

TRAMEAU Fernand zouave de 1ère classe à la C M 3 du 1er régiment de Marche de Zouaves pour :

-Au combat du 7novembre 1916 a fait preuve comme chargeur ,du plus grand calme et a assuré ses délicates fonctions avec un rare sang froid, 2 blessures, une citation.

Très bon zouave, très courageux.

Signés par Colonel Rolland et par le Lieutenant Colonel Poirel.

Nota : La bataille de la Somme eut lieu du 1 juillet 1916 au 18 novembre 1916

            Tableau des pertes

Armée allemande Armée britannique Armée française Total belligérants
morts et disparus 170 100 206 282 66 688 443 070
blessés 267 222 213 372 135 879 616 473
total 437 322 419 654 202 567 1 059 543
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