MORTS LOIN DE CHEZ EUX, LES SOLDATS OUBLIÉS DE LA CAMPAGNE DE 1814

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LA CAMPAGNE DE FRANCE

MONTMIRAIL  –  MARCHAIS

Ce village niché dans la Brie Champenoise évoque sûrement peu de chose à la majorité d’autres nous.
Terre foulée par mes aïeux, baignée par le petit Morin, elle fut aussi le siège d’une des dernières victoires de Napoléon.

A l’aide d’une petite armée composée de gamins encadrés de vieux briscards revenus d’Espagne, il va, transcendé par son génie, tenir en échec les troupes coalisées.

Accablé par le nombre, il sombrera, entraînant la France avec lui mais écrivant l’une des plus belles pages de son histoire militaire.

Le 11 février 1814 sur ces collines, sont morts où ont été blessés, des milliers de soldats des deux armées.

Le souvenir de ces anonymes a disparu à jamais. Qu’ils soient de véritables héros, des soldats malgré eux, des conscrits apeurés où des officiers aguerris ils ont combattu avec abnégation dans le froid hiver Briard. Certains sont morts le jour de la bataille mais pour d’autres l’agonie fut plus lente. Ils se traînèrent où furent placés dans des hospices militaires et chez l’habitant, ils y guérirent mais beaucoup y moururent.

Je vais tenter de faire apparaître l’image de ces quelques soldats oubliés, morts loin de chez eux.

Mais revenons au 11 février 1814 et résumons en quelques lignes la bataille de Montmirail.
La France en ce début d’année est donc envahie, plusieurs corps convergent vers Paris, par une série de victoires et d’habiles manœuvres, Napoléon ralentit le flot de l’invasion et fait douter les alliés.

L’armée de Silésie commandée par le Maréchal BLUCHER est divisée en 3 corps avec en pointe celui du général Russe SACKEN. Ce dernier se sentant menacé de se voir couper du gros de l’armée fait volte face pour rejoindre la force principale. Napoléon qui avait prévu la manœuvre le devance sur Montmirail pour le bloquer

Le général Russe SACKEN arrivé prés de Montmirail sait que les Français sont là mais se fait fort malgré les objurgations du général prussien YORCK de passer sur le corps de Napoléon avant que ce dernier ne le renforce.

L’Empereur arrivé dans la matinée avec la division du général RICARD et quelques escadrons de cavaleries de la garde, fait occuper les positions mais attend ses renforts pour attaquer l’imprudent SACKEN . Dans la matinée les restes de la division RICARD arrivent ainsi que la vieille garde de FRIANT.
Mais les Russes passent à l’attaque et prennent le village de Marchais, lutte épique, ce dernier sera pris et repris 5 fois. La situation est indécise lorsque arrivent la division de la vieille garde commandée par le général MICHEL et la division de cavalerie DEFRANCE. Napoléon ordonne l’assaut général et bouscule définitivement les Russes, les fuyards sont poursuivis par la cavalerie de la garde, les dragons du général LETORS sabrent les carrés Russes et les grenadiers de la garde menés par le général BERTRAND reprennent Marchais. Le général YORCK arrivé en soirée tente en vain d’endiguer la furia Française mais doit se résigner à la retraite.

Belle victoire sans lendemain, malgré les lourdes pertes Russo-prussiennes ( 4500 morts, blessés ou prisonniers ). Les français ont perdu quand à eux 2000 hommes, tués où blessés. Beau résultat les français combattaient à un contre deux.

La campagne continuait, les morts furent enterrés par les paysans, les blessés emmenés à l’hospice militaire situé dans le couvent de Montmirail où chez les habitants.

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Commençons dès maintenant par quelques soldats hébergés chez l’habitant.

Antoine Jean Laurent MALET

Né le 17 août 1773

Major le 24 juin 1811 1er régiment des voltigeurs de la garde

Major 21 décembre 1813 2ème régiment des chasseurs à pieds de la garde

25 Avril 1812 officier légion d’honneur

Baron d’empire 15 mars 1810

Il est décédé le 27 février 1814 chez un habitant de Montmirail Monsieur RAVENET Pierre, officier de santé demeurant rue d’Enthierry, des suites de  blessures reçues à la bataille de Marchais

Le colonel MALET fut probablement blessé lors de l’attaque de la ferme de la Belle Epine sous la direction du général FRIANT.

Faisait parti de la 2ème division de la vieille garde

 

PHILIPPE DESCHAMPS

Chef de bataillon

régiment des fusiliers chasseurs de la Garde Impériale

45 ans

Né à Aigre en Charente le 8 Décembre 1769, fils de Jacques DESCHAMPS cordonnier et de Marie GRANDIN

Chevalier de l’empire, officier de la légion d’honneur, chevalier de l’ordre de la Réunion

Décédé le 28 février 1814 des suite de ses blessures reçues à la bataille de Marchais chez Monsieur BABÉ François rentier demeurant rue Pommesson à Montmirail

Il fut probablement blessé lors de l’attaque de la ferme de la Belle Epine sous la direction du Maréchal Mortier, à la droite du dispositif .

Faisait parti de la 2ème division de la vieille garde

Mais il n’y eut pas que des officiers qui furent soignés chez l’habitant mais aussi de simples soldats

François JETTOT

Fusilier chasseur de la garde impériale, 2ème bataillon, 4ème compagnie

Né le 12 août 1788 à Voray sur l’Ognon département de la haute Saône, son père Claude Pierre laboureur et sa mère Denise SUIMONT.

Il est décédé LE 25 mars aussi chez Mr RAVENET l’officier de santé qui avait soigné le colonel MALET

Il fut probablement blessé lors de l’attaque de la ferme de la Belle Epine sous la direction du Maréchal Mortier, à la droite du dispositif .

Faisait parti de la 2ème division de la vieille garde

Honoré Magloire CHAMP

Soldat 2ème régiment à pieds de la vieille garde

Né à Crépoil Seine et Marne le 24 avril 1789 de François CHAMP et Marguerite Antoinette MOURANT, laboureur.

Décédé de suite de ses blessures le 6 avril chez Mr DELETAIN Felix, tuilier rue de Montléan à Montmirail , qui se dit être ami du décédé. ( décédé 26 mai 1820 à l’âge de 36 ans à Montmirail )

Jean STEPHANINO

Vétéran des guerres Napoléoniennes, il est né Piémontais le 6 juin 1783 à Calliano près d’Asti. Ce territoire devenu département de la Stura, il pourra s’engager dans l’armée Française le 25 germinal en XII.

Ce cavalier d’ 1 m73 aux cheveux châtains, décrit comme ayant un visage long, un front ordinaire, des yeux bruns, un nez bienfait, une bouche moyenne et un menton rond, à fait dans le 21ème dragons la campagne d’Autriche de 1805, celle de Prusse et de Pologne en 1806 et 1807.

Il passa en Espagne et au Portugal les années 1809 à 1812.

Il est admis dans les dragons de la garde impériale le 1er juillet 1812 et arrivera à son corps le 13 décembre 1812, il fera  entièrement la campagne de Saxe avec sa nouvelle unité.

Il sera blessé à Montmirail  à l’assaut des carrés Russes près de la ferme de Courmont sous les ordre des généraux LETORT ET DAUTANCOURT et recueilli chez Mr THOMY Philippe couvreur demeurant rue d’Enthierry à Montmirail.

Il décédera le 4 mars 1814 après avoir bourlinguer dans toute l’Europe sans encombre

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Pour finir un officier de l’armée adverse

Charles Louis SIMON

1 er lieutenant au 2ème bataillon , 5ème régiment armée de Silésie

Né à Breslau en Prusse, ( Pologne à l’heure actuelle ) âgé de 30 ans

Décédé chez Mr DISCRET Jean Joseph organiste, Maison de l’ancienne Mission à Montmirail

( Le nom est bien Français pour un prussien, peut être une famille protestante qui a fuit la France )

Au cours d’un autre article je ferai revivre les soldats morts à l’hospice de Montmirail

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