JEAN BAPTISTE PERRIN, ÉPISODE 3 Vannier du petit Morin 1733 – 1782

sablonnières les vanneries (2)

JEAN BAPTISTE PERRIN

1733 – 1782

L’an de grâce 1753, lorsque avec ses frères, il ferma les yeux de son père, Jean Baptiste était déjà un homme fait, le rude apprentissage chez un vannier l’avait marqué. Une rude école, levé à l’aube, couché à la nuit tombée, un labeur dans le froid et l’humidité. Une tambouille fruste et insuffisante, et les taloches du patron qui remplaçaient celles de son père. Mais il avait grandit, apprit à travailler et à aimer son métier. L’ouvrage ne manquait pas, les vallées des deux Morin produisaient un osier de qualité et de bon marché. Les débouchés étaient énormes en ce pays viticole et fromagé.

Hottes pour le transport du raisin et éclisses à fromage, mannequins pour le transport des betteraves fourragères, paniers des paysannes et corbeilles divers. Son patron arpentait les fermes des environs et tentait de glaner des commandes. Il s’installait également dans les cours de ferme pour effectuer les réparations. Jean Baptiste accompagnait souvent son patron, le vagabondage d’une ferme à l’autre lui plaisait et parfois il rencontrait ses frères Pierre et Nicolas restés sur Boitron . Il croisait aussi sa nombreuse parentelle, les PERRIN, le long des rives du Morin ne manquait pas. Évidement l’agriculture n’était jamais bien loin et le patron possédant quelques terres il fallait aussi trimer dans les champs.

En 1757 lors d’une tournée, il fit la connaissance d’une fille de ferme nommée Marie Magdeleine SOUARD, quelques sourires et plaisanteries plus tard un baiser fut échangé. Rapidement ils décidèrent de convoler, Jean Baptiste et Marie Magdeleine s’en furent trouver leur mère respective car au niveau matrimonial ils étaient mineurs tous les deux. La majorité était à cette époque de 30 ans pour les hommes et de 25 ans pour les femmes. Ils obtinrent le consentement respectif de leur tutrice sans aucun problème et la date des noces fut fixée pour le 24 janvier 1758 en l’église de Boitron. Les bans furent proclamés 3 dimanche consécutifs, le 8, le 15 et le 22 janvier 1758 aux prônes de la paroisse. Cette formalité obligatoire depuis l’ordonnance de Blois de 1579, ne souleva aucune contestation et le curé put les unir sans aucun problème.

Après les fiançailles célébrées le 23 Janvier dans l’église de la paroisse, le mariage eut lieu le mardi 24 janvier en présence de Marie Anne BAUDIN veuve PERRIN et Marie MAUPOIX veuve SOUARD, étaient présent Nicolas MOUTARDE parrain de l’époux ainsi que Nicolas PERRIN frère de l’époux. Nicolas BAUDIN oncle du marié avait fait le déplacement depuis Meaux, Sulpice HEBERT un ami signa également au bas du registre.

Les deux mariés s’installèrent sur la commune de Boitron, ils vécurent heureux au seul détail près que la première maternité tardait à venir, Jean Baptiste avait il l’aiguillette nouée ou Marie Madeleine était- elle sèche ? Les mauvaises langues allaient bon train et les plaisanteries scabreuses sur la virilité du marié se faisaient piquantes. De fait la première naissance ne vint qu’en 1764 soit 6 ans après, ce fut une fille qu’ils nommèrent Marie Madeleine, à cette date le couple avait quitté Boitron pour s’installer sur la commune limitrophe de Sablonnières. Le couple s’installa au hameau du Rousset en limite de la commune et proche du village d’Hondevilliers.

Il pratiqua son métier de vannier de façon indépendante, semi itinérant, il passait d’une ferme à l’autre pour y demander du travail. Il était évidement payé à l’ouvrage et les journées étaient fort longues. Jean Baptiste savait signer de son nom et comme tous les travailleurs qui se déplaçaient de ferme en ferme, participait à la propagation des informations et des idées.

En décembre 1765, il lui vint son premier fils, il le nomma Jean Pierre, il en était très fier. Le couple eut une autre fille en 1767. Cette dernière eut comme parrain un maître chirurgien de la commune de Nogent l’Artaut. Notre homme roi de la lancette et du rasoir aida la femme de Jean Baptiste à accoucher, l’enfant fut sauvé mais la maman ne s’en remit jamais et prise de fièvre elle décéda 5 mois plus tard à l’âge de 28 ans.

Pas question évidement de rester veuf. Il trouva facilement une nouvelle compagne et 10 mois après son veuvage il se remaria. Orpheline de père et de mère âgée de presque 30 ans, Marie Margueritte CRÉ sut accepter le contrat.

Ils convolèrent en la paroisse d’Hondevilliers le 24 février 1769. Le corps de la nouvelle madame PERRIN se prêtait fort à l’enfantement car 10 mois ne se passèrent pas avant qu’elle ne donne le jour un garçon nommé Louis Joseph.

Marie Marguerite élevait maintenant 4 enfants, avec une belle régularité elle accoucha d’une fille en décembre 1771, se fut le curé d’Hondevilliers qui baptisa l’enfant et non  celui de la paroisse. Il faisait froid, l’enfant était chétif et la cure d’Hondevilliers était plus proche que celle de ,Sablonnières. L’enfant ne survécut que 5 semaines mais son âme était sauvée.

Marie Marguerite n’accompagna pas sa fille au cimetière pour lui rendre un dernier hommage, elle n’avait pas fait ses relevailles et était donc impure.

Une femme qui ne s’était pas acquittée de la cérémonie religieuse  des relevailles ne pouvait en aucun cas se rendre dans un lieu public et à plus forte raison dans une enceinte sacralisée, elle ne devait  également avoir aucun rapport sexuel.

Jean Baptiste dut donc attendre pour toucher de nouveau son épouse que cette dernière effectua cette formalité religieuse . Les relevailles consistaient à se rendre à l’église avec le bébé, la marraine et la sage femme, pour y être bénie par le curé . Cette formalité biblique avait lieu 40 jours après la naissance ce qui correspondait au retour des règles . Notre vannier qui n’avait plus touché sa femme depuis le début de sa grossesse, car une femme enceinte aux yeux de l’église était aussi entachée d’impureté, se serait bien passé de ces fadaises.

Un petit banquet vint clôturer cette période de chasteté et sitôt les derniers convives partis, après que les enfants se fussent endormis, Jean Baptiste impatient ne fit pas de chichi pour posséder sa jeune femme.

Ils firent tant et si bien que 10 mois après mon ancêtre Nicolas André vit le jour.

Les grossesses se succédèrent, 2 filles et 2 garçons augmentèrent encore les bouches à nourrir.

En 1781 qu’en survint le dernier né, la fratrie se composait de 5 enfants, l’aînée de Jean Baptiste avait déjà 16 ans. Le couple avait perdu 3 enfants en bas age, ce qui se situait parfaitement dans la moyenne de l’époque.

Malheureusement le drame survint en février 1782, après une brève maladie Jean Baptiste rendit son âme à dieu après avoir reçu les saints sacrements du père DUPARC et en présence de sa parentelle.

Il laissait sa femme dans l’affliction et dans de graves difficultés matérielles.

article sur la Vannerie : http://posp52500.free.fr/vannerie%20A.htm

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