Nicolas PERRIN 1688 – 1753 ÉPISODE 2 Un vigneron au cœur de la Brie

NICOLAS

1688 – 1753

Magdeleine observa ses 2 garçons, l’aîné Nicolas avait 11 ans, le puîné à peine 9 ans. Leur père venait d’être mis en terre, le frêle équilibre de leur vie s’effondrait .
Les quelques arpents de terre que le défunt entretenait au prix d’un dur labeur, allaient ils retourner à la friche ou la veuve devrait elle vendre ?
Certes elle préférerait préserver cet héritage pour ses enfants, mais serait-elle capable de cultiver seule cette terre ?
Elle avait 36 ans et pourrait toujours se remarier, elle n’était pas encore une fleur fanée. Il fallait y réfléchir et de toutes façons le délai de viduité * lui donnait le temps d’y penser.
Pour la première fois de sa vie elle devenait civilement majeure, plus de père, plus de mari, elle était responsable de ses actes et devenait la tutrice de ses deux enfants.
Pour l’instant elle prit la décision de placer Nicolas comme domestique de ferme, les gages n’étaient guère élevés mais il serait nourri. Il resterait habiter avec elle et continuerait d’effectuer les tâches qu’il avait déjà l’habitude de faire. Le petit serait évidement mis à contribution, corvées de bois, traite de la vache, nettoyage de la porcherie et entretien du poulailler.
Madeleine demanda aide à la parentèle pour les travaux agricoles de ses maigres terres. Pour elle évidement rien ne changeait, elle continuait à se louer comme journalière et à se tuer les yeux à filer lors des veillées.

Ils s’organisèrent donc sous ce schéma. Les journées commençaient de très bonne heure, Nicolas se levait à la pointe du jour, avalait un restant de soupe, passait son pantalon par dessus sa chemise de nuit, chaussait ses sabots . Il secouait vivement son petit frère qui dormait sur la même paillasse pour qu’il se lève. Madeleine était déjà debout, habillée, elle se devait de montrer l’exemple.

Nicolas à ce régime devint vite un adolescent, endurcit aux durs travaux agricoles, il trouva peu à peu sa place parmi les valets de ferme. Son frère l’avait rejoint et tous deux formaient un tandem inséparable. Leur mère avait décidé qu’elle ne se remarierait pas, mais les garçons avaient remarqué la présence appuyée d’un journalier du village auprès de Madeleine. Il n’appréciait pas du tout, la peur du scandale, le qu’en- dira-t-on, les reproches du curé, il faudrait qu’il aborde le sujet avec sa mère. Il était hors de question qu’un autre s’installe sur les terres héritées de son père.
Il avait de toute façon bientôt 18 ans et les terres dont sa mère avait la tutelle, passaient sous sa responsabilité.
Sa mère avait d’ailleurs agit avec sagesse et circonspection et le capital avait même légèrement fructifié. A terme, le but de Nicolas était de planter des vignes sur l’une de ses parcelles.

Les deux frères, pendant le long apprentissage de leur enfance et de leur adolescence avaient appris une foule de choses, notamment la fabrication de support à fromage en bois. Ils s’en étaient fait une spécialité et allaient vendre leur production hivernale à la foire de Coulommiers. On les nommait les cajotiers * .

Nicolas avait eut une discussion franche avec sa mère, il réussit à éloigner son galant. Madeleine acquiesça à tout mais continua avec précaution à profiter de la fougue de son amant.

Les années passèrent, Nicolas et François avaient planté des vignes et ces dernières commençaient à donner.

Les deux frères unis comme les doigts de la main commencèrent à songer au mariage, mais il convenait de ne pas se précipiter, le morcellement des terres pour que chaque enfant ait une part de l’héritage, était une plaie au niveau de la productivité . Les terres formaient une mosaïque et les parcelles bordées de haies, faisaient ressembler à un damier géant. Les deux frères ne soupçonnaient pas encore qu’ils auraient une nombreuse descendance. Attendre pour se marier certes mais Nicolas comme son frère n’étaient pas insensibles aux courbes des jolies paysannes. Mais ces dernières succombaient peu à la tentation tant le risque de se retrouver fille mère avec les conséquences qui en résultaient dans ce monde paysan. Bien sur la nature garda ses droits et que de nombreuses entorses entachèrent définitivement la réputation de nombreuses belles.

Nicolas connut intimement sa future bien avant de passer devant le curé, la rencontre avait eu lieu lors d’un mariage dans le village. Les deux avaient danser pendant 3 jours favorisant un certain rapprochement. Puis sans attirer l’attention ils avaient continué à se voir. Elle se nommait Jeanne CHERIER, accorte paysanne d’une grande beauté, Nicolas se gaussait intérieurement de pouvoir la posséder. Cela se fit naturellement sans l’avoir prémédité, un baiser, une caresse, et un joli tapis de mousse dans le bois de Boitron, les deux complices étaient devenus amants. Cette relation intime ne les rapprocha guère, Jeanne devint fuyante, elle aimait Nicolas mais la peur de tomber enceinte la terrifiait. Nicolas n’en menait pas large non plus mais brûlait de recommencer l’expérience. Il s’en fut trouver la mère de Jeanne et lui demanda officiellement de fréquenter sa fille. La veuve CHERIER ne vit aucune objection, les PERRIN étaient connus pour leur sérieux.
Après cette demande les deux amoureux purent se voir régulièrement, ils avaient une envie irrépressible de faire l’amour et succombèrent quelques fois. Mais échaudés par la première fois, ils suivirent les recommandations dictées par l’expérience des commères de lavoirs. Jeanne prit donc l’initiative et chevaucha Nicolas, la femme au dessus l’imitait le risque de procréation. Ce moyen contraceptif nullement désagréable empêcha les deux imprudents d’avoir un enfant hors mariage.
Ce genre de chance valait croyance et tout le monde sauf François le frère et Marie la sœur de Jeanne crut que la belle arrivait vierge au mariage.

 

eglise boitron (2)Église Saint Martin

Nicolas et Jeanne furent unis le 10 janvier 1718, l’an 3ème du règne de Louis 15, le couple s’installa dans la maison de Nicolas, bien sur ils devaient cohabiter avec la mère et le frère de Nicolas. Cette promiscuité était de mise et, les rivalités entre Madeleine l’ancienne (60 ans ) et Jeanne devinrent fréquentes. Jeanne devait le respect à la marâtre, mais souvent des mots durs sortaient involontairement de sa bouche. Il y avait aussi la présence de François, jeune homme en quête d’une épouse. Les moment d’intimité étaient très rares et les jeunes époux devaient malgré leur lit coffre tempérer leurs ardeurs où pour le moins s’évertuer à faire l’amour silencieusement.

Au mois d’août 1718 Jeanne n’eut plus ses menstrues *, elle annonça la nouvelle à son mari, mais la cacha à sa belle mère. Cette dernière ne fut d’ailleurs pas dupe très longtemps et en bonne observatrice remarqua quelques changements notables dans la silhouette de Jeanne. Le premier enfant du couple naquit le 6 avril 1719. L’oncle François porta le petit Nicolas sur les fonds baptismaux accompagné de la cousine Jeanne CLOZIER.

Entre temps François avait quitter la maison pour se marier, Jeanne fut soulagée de ce départ.

Jeanne se releva de ses couches rapidement et reprit ses occupations habituelles, elle ne s’occupait de son petit que pour la tétée, les langes étaient changés parfois, mais le plus souvent l’enfant restait dans sa vermine accroché à une poutre. L’enfant n’avait guère de vie propre et seuls les plus costauds survivaient.

Depuis que François avait épousé une lointaine cousine, les terres des 2 frères mises en commun, avaient été morcelées en 2 parts, Nicolas ayant récupéré la plus petite parcelle car il avait gardé la maison.
La vie était donc rude, les travaux des champs se succédaient, la petite vigne de Nicolas donnait très peu, un mauvais vin qu’il vendait tant bien que mal mais qui lui rapportait bon an mal an quelques petites pièces. Évidement il n’en vivait pas, il se louait donc chez les gros laboureurs des environs. En hiver quand les travaux agricoles diminuaient il continuait à confectionner en famille des supports à Fromages qu’il allait vendre à Coulommiers. Pas de richesse, pas de pauvreté, il n’avait guère de besoin et vivait presque en autarcie avec sa famille.

La mère de Nicolas toujours à chercher noise se plaignit au curé que sa belle fille donnait encore le sein à son petit, au bout de 2 ans et que c’était un pécher que de copuler sans vouloir concevoir un  enfant du seigneur. La vieille d’ailleurs ne supportait pas que son fils et sa belle fille est des rapports sexuels pendant l’allaitement. Coutume en perdition que le curé ne préconisait plus en chair mais que les anciens en ratiocinant recommandaient comme une sacro-sainte prescription. Le curé ce dimanche ,monta en chair et tonna contre les mauvaises femmes qui faisaient durer l’allaitement comme moyen contraceptif. Le rouge monta aux joues de Jeanne quand l’assemblée réunit se tourna vers elle, elles n’étaient pas beaucoup en effet à être concernées par la diatribe du bon père.
Jeanne soupçonna sa belle mère mais n’en dit pas un mot, elle sevra son fils rapidement. Par contre elle se vengea en faisant plus de bruit que de coutume lorsqu’elle faisait l’amour à Nicolas . La mégère ne releva pas.

Au mois d’août 1721 une nouvelle maternité se profilait . La solide paysanne supporta sa grossesse sans problème et accoucha de son deuxième fils le 16 mai 1722. Elle fut assistée par la matrone du village et par sa belle mère. Le bébé fut nommé François et eut comme parrain Nicolas CHERIÉ son oncle. Les moissons approchèrent rapidement et la paysanne s’en fut aux champs. La belle mère s’occuperait du petit, car sa santé ne lui permettait plus de se louer. La maison n’était pas grande, Nicolas dormait avec ses parents et le petit  avec sa grand mère. L’année suivante les premiers frimas terminés, les travaux agricoles de printemps commencèrent. Période d’activité intense, nos paysans travaillaient comme des forçats, Jeanne participait aux semailles d’avoine, couverte elle eut très chaud et sua abondement pendant son ouvrage, lors de la pause elle ne se rhabilla pas et fut prise de frissons. Le soir elle eut de la fièvre, le lendemain ne put se lever, Nicolas fit appel à une guérisseuse, mais les décoctions ne firent tomber ni la fièvre ni la forte toux persistante. Jeanne traîna son mal une bonne semaine, le curé vint lui porter le viatique et le 4 mai 1723 au soir entourée des siens elle quitta le monde des vivants. Les proches et les voisines veillèrent le corps, le lendemain Nicolas et François allèrent au cimetière et creusèrent une fosse. Le corps avait été préparé et enveloppé dans un linceul. Une procession menée par Monsieur le curé se constitua et accompagna Jeanne vers sa dernière demeure, le glas sonnait, les paysans se découvraient au passage du sinistre convoi . Elle fut mise en terre sobrement , son mari, son frère, son beau frère, le maître d’école se signèrent puis allèrent boire un coup avant de poursuivre leurs activités.
Nicolas se retrouva veuf avec 2 enfants, heureusement sa mère bien que diminuée pourrait l’aider pour les enfants. Pour les travaux agricoles et l’entretien de ses maigres terres le problème se posait, ses journée étaient déjà longues. Il fit face à l’adversité, mais se fut avec soulagement
qu’il s’accorda avec Jean BAUDIN du village de Bussière pour obtenir la main d’Anne, paysanne de 30 ans qu’il convenait de marier avant que plus personne n’en veule .

Le 29 janvier 1726 ils s’unirent donc devant dieu en l’église de Boitron, Magdeleine la mère de Nicolas était présente, ainsi que le père de la mariée. René BROCHET le fermier chez qui Nicolas se louait leur avait fait l’honneur d’être présent,ainsi que Nicolas CHERIÉ beau frère de Nicolas.
Sulpice HEBERT le maître d’école qui collationnait les actes signa avec le curé et le fermier.

La fête dura 3 jours selon la tradition, un contrat fut passé et la mariée apporta une petite pièce de terre et un lopin de vigne.

Magdeleine qui n’aimait pas plus sa nouvelle bru que l’ancienne alla l’installer chez son fils François.

Avoir une compagne soulagea grandement Nicolas dans l’ensemble de ses tâches .

Anne se trouva grosse rapidement et accoucha de son premier bébé le 22 mars 1727, la petite fille se nomma Marie Magdeleine, le parrain fut Louis de LACOUR vigneron et Magdeleine BROCHET fille du témoin du mariage, malheureusement 5 mois plus tard la petite décéda subitement.

Le couple n’en fut guère affecté et les travaux des champs se poursuivirent, ils eurent d’ailleurs l’occasion de se réjouirent de nouveau car la belle paysanne était de nouveau prête à enfanter et le 22 juillet 1728 un garçon nommé Pierre arriva à la maison, c’était le troisième pour Nicolas mais le premier garçon pour Anne, elle en fut transportée de joie.

Elle fit désormais preuve d’une belle régularité, un an plus tard elle était déjà enceinte, l’allaitement n’avait pas été un contraceptif efficace. Le 1 février 1730, elle mit au monde un petit qu’il nommèrent Jean. Le parrain fut Antoine NITOT laboureur et Anne SERRURIER la femme de François PERRIN fut la marraine.

L’activité de Nicolas qui avait à cette époque pris une place prépondérante, était la vigne, son labeur assidu lui avait permis d’agrandir légèrement son patrimoine. Avec la fabrication des cajots, il arrivait les bonnes années ,à vivre de son travail ,quand les années étaient mauvaises il se louait de nouveau dans les grandes fermes.

Ses vignes se trouvaient sur les versants abruptes qui descendaient vers le Morin, nommé la côte de Boitron. Il produisait essentiellement du vin blanc, le breuvage était mauvais et était bu surtout localement. Nicolas avait maintenant presque un hectare. La vigne était basse, plantée en sillons serrés , 2 au mètre carré, extrêmement dense laissant juste le passage d’un homme ou d’un âne.

Le travail de la vigne nécessitait 3 façons, en automne un premier labourage, Nicolas attelait un crochet à labourer à son âne, le travail ainsi en était grandement facilité . En cette saison il convenait aussi de remplacer par la méthode du provignage * les pieds manquants, 100 à 150 pieds par arpent environ. Cette méthode consistait à coucher un sarment où une vieille souche qui prenait racine en conservant les caractéristiques du pied originel, et enfin pour en terminer avec les travaux d’automne, il fumait les pieds avec du fumier.
La deuxième façon consistait à tailler la vigne et à réaliser l’écollure * des souches . Il changeait si nécessaire quelques échalas * et attachait la vigne.
La troisième façon était le binage destiné à enfouir le fumier et à chausser la vigne en éliminant les herbes.
Nicolas effectuait ces travaux en compagnie de son frère qui possédait aussi des vignes.
Pour les vendanges tout le monde s’y mettait, femmes, enfants, vieillards, Nicolas embauchait juste des hotteurs *.

Les bonnes années compensaient les mauvaises et le fisc ne les déshabillait pas trop. Le couple possédait deux vaches et quelques cochons qui fournissaient les conserves de graisse et les salaisons. Comparativement à d’autres ils n’étaient pas malheureux.

En mai 1730 , ils mirent en terre le petit Jean, fauché par une maladie infantile, mais pas le temps de s’apitoyer car Anne était de nouveau ronde à la fin de l’été et eut du mal cette année là, à effectuer les vendanges. En mai 1731 ils nommèrent Jean Baptiste leur troisième fils, ce dernier ne vivra guère et rejoignit le carré des enfants dans le cimetière.

Mais Marie- Anne décidément très féconde mit au monde une fille en juin 1732. Elle avait beau allaiter, se mettre au dessus de Nicolas pendant l’amour rien ni faisait, régulière elle était , régulière elle resterait.
Elle n’en resta pas là, car en octobre 1733 un nouveau Jean baptiste fut baptisé et en 1735 lui vint des jumeaux, Louis et Claude. Les jumeaux survivaient rarement à cette époque et de fait ils décédèrent dans les jours qui suivirent .

L’accouchement s’était très mal passé et Marie Anne sut qu’elle ne pourrait plus enfanter, un soulagement en quelque sorte.

Au foyer il restait donc 4 garçons et une fille, c’était bien assez. L’ainé Nicolas travaillait déjà comme un homme, François âgé de 13 ans était garçon de ferme, Pierre 7 ans aidait aux bois , à la traite , aux volailles et bien sur aux vendanges, Jean Baptiste n’était qu’un nourrisson inintéressant et la seule fille Marie Magdeleine une petite fille de 3 ans qui ne servait encore à rien.

La vieille Magdeleine s’était éteinte à 75 ans sans laisser de gros regrets.

Les voisins immédiats étaient François et sa famille, 4 garçons et 2 filles, les familles se côtoyaient et faisaient souvent pot commun, les veillées se faisaient ensemble et la lessive aussi.

La vie était rythmée par les actes religieux, le 3 avril 1735 le village se trouva réuni avec le curé LANGLOIS pour bénir la nouvelle croix du cimetière et en cette veillée de Pâque qui tombait cette année le 10 avril, Nicolas et sa femme durent communier, le curé tenait un compte exact des ménages et nul ne devait se soustraire à cette obligation.

Le 19 octobre 1735, Marie Anne la grosse cloche de l’église fut bénite par le curé en présence de tout le village, de son parrain Jérome LEROY échevin de Rebais et de sa marraine Marie Anne VIVIER bourgeoise femme de Jean ROBICHE propriétaire de la plus grosse ferme de Boitron.

Les paysans aimaient ces cérémonies et n’auraient pour rien au monde manquer ces services

Les 2 frères PERRIN faisaient partis de la fabrique, assemblée délibérative qui traitait de l’administration de la paroisse, en octobre 1735 il fut décidé par exemple que la somme allouée aux luminaires de l’église serait de 32 livres et que si il y avait un surplus, il serait gardé pour les bonnes œuvres. Les discussions étaient souvent houleuses et ratifiées par Maître HUVIER notaire à Rebais.

Le 4 février 1737 la fratrie perdait François, à 40 ans il partait dans la force de l’âge, son fils Louis lui succéda comme chef de famille, mais il n’avait que 15 ans et son oncle devint son tuteur.
Le 3 mars la place de François sur le banc paroissial ,fut attribuée à son fils François pour la somme de 20 sols .Une nouvelle génération de PERRIN entrait peu à peu dans la vie de la communauté .
L’attribution des places sur les bancs faisait souvent débat, et nos paysans se prenaient le col quand ils s’estimaient lésés. En fonction de l’emplacement la somme à débourser n’était pas la même. Le rapprochement près de l’autel était un gage de réussite.

En décembre 1739, fut procédé à l’élection d’Hélène CONTI comme nouvelle sage femme du village, les femmes PERRIN votèrent avec l’accord de leur mari, père ou fils.

Début mars 1740, une épidémie de fièvre frappa Boitron et Nicolas perdit 1 neveu de 11 ans et une nièce de 8 ans.

Le 22 mai 1740 une place à 30 sols fut attribuée à Nicolas le jeune qui signa fièrement pour la première fois sur un registre
L’année 1743, Nicolas le jeune se maria avec la fille d’une lignée de vignerons du village, la position des PERRIN était définitivement assise parmi cette corporation.

Bien sur la fabrication de support à fromage continuait et l’apport d’argent n’était pas négligeable quand Nicolas rentrait de la foire de Coulommiers où de celle de Viels Maison.

En 1745 le couple eut le malheur de voir succomber leur fille Marie Magdeleine, belle gamine de 13 ans qui fut balayée en quelques jours par une infection des bronches.
L’année suivante Nicolas laissa partir son 4eme fils avec un vannier de la commune de Sablonnière .L’artisan qui était passé chez Nicolas pour réparer des hottes avait besoin d’un apprenti, Jean Baptiste qui allait sur ses 13 ans quitta donc les siens.

Les années s’écoulèrent dans la quiétude malgré le malheur qui les frappa encore en 1749 lorsque François le 2eme fils mourut à 17 ans , suite à une mauvaise ruade d’un âne dans un rang de vigne.

Le 3 février 1753 Nicolas se rendit dans ses vignes, il n’en revint jamais car il s’écroula entre 2 rangs et c’est son fils Pierre qui le trouva dans la soirée lorsque tout le monde s’inquiétait de ne pas le voir rentrer.

Selon la tradition il fut enterrer le lendemain, accompagné en sa dernière demeure par ses 3 fils, Nicolas, Pierre et Jean Baptiste.

Il avait déjà 3 petits enfants, la lignée était assurée

 

1 – viduité : Délai de viduité. Délai que doit respecter une femme veuve ou divorcée avant de pouvoir se remarier, afin d’éviter toute confusion où incertitude sur la paternité d’un enfant à naître
2 – menstrue : nom féminin pluriel (latin menstrua)
Synonyme vieux de règles
3 – cajotier :  Artisan qui fabriquait des supports à fromage

 4 – provignage : Provignage (viticulture) : voir Marcotage. Technique qui consiste à coucher un sarment (ou une vieille souche) qui va prendre racine dans une fosse en reproduisant fidèlement (par bouturage ou provignage), les caractéristiques du pied originel. Avant le phylloxéra, le provignage était la méthode utilisée pour multiplier la vigne et remplacer les pieds défectueux. C’est en fait une technique comparable au marcottage employée aujourd’hui en jardinage, ce qui était possible autrefois sur la vigne avant l’apparition du parasite. Depuis, le greffage des cépages sur des pieds américains ou franco-américains immunisés est devenu indispensable.

5 – écollure : Écorçage des ceps avec une brosse métallique pour lutter contre la pyrale qui est un papillon. Les chenilles mangent les feuilles au printemps en sortant de leur léthargie

 6 – échalas : Perche à laquelle on attache des plantes dont la tige ou les rameaux sont trop faibles pour se soutenir naturellement.

7 – hotteur : Porteur de hotte ( panier en osier servant au transport du raisin lors des vendanges )

.VIE DE NICOLAS

1688  –  1753

ef750f2e-beed-4f20-bbbc-3f8b11dbd9e2

Publicités
Cet article a été publié dans HISTOIRE DES PERRIN. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s