CHRONIQUE FAMILIALE 2 : Les origines Léonard TRÉMEAU 1604 – 1689 (Lire chronique familiale 1 )

Eglise-bazoches

Plongeant ses mains dans l’argile aussi sûrement que ses racines plongeaient dans la terre de Bazoches, Léonard Trémeau méditait en silence, la labeur était rude, le soleil au zénith rendait la tache difficile. Les femmes et les enfants se relayaient pour garder la terre humide afin que les hommes puissent œuvrer au façonnage. Gestes répétitifs mille fois reproduits, Leonard et les siens penchés sur la  »marche » prenaient de l’argile humide pour la mettre dans un moule sablé afin de former une tuile rectangulaire. Il fallait se hâter de terminer, le four était déjà en chauffe .

Chez les Trémeau tout le monde était tuilier, Léonard avait appris le travail de son père et de ses oncles et il transmettait son savoir à ses fils Pierre et Jean. Le filon d’argile ou était installé la tuilerie se trouvait au hameau de Montjoumé, placé en lisière de la foret de Bazoche, le long de l’antique voie romaine qui menait d’Auxerre à Autun .

Depuis des temps immémoriaux des tuilerie et des poteries étaient installées à Montjoumé. Les habitants lors du pierrage trouvaient encore des morceaux d’amphores, de plat ,d’écuelles ou de tuiles identifiée par une marque d’origine de l’époque Gallo romaine

La basilique de Vezelay a été construite avec de la chaux et des tuiles de Montjoumé ainsi que d’ailleurs la plus grande partie des édifices médiévaux de la région.

Le château de Bazoche et celui de Vauban n’en font d’ailleurs pas exception.

Les gisements d’argile et la proximité de la forêt firent de la commune de Bazoche un petit marché ou se vendaient aussi bien des produits en fer forgé et des poteries que du vin récolté sur les coteaux avoisinants .

Le sanctuaire de Vezelay devint après le transfert des restes de Sainte Madeleine un lieu de pèlerinage fort fréquenté et la région de Bazoches fut parsemée de chapelles dédiées le plus souvent à Saint Léonard.

Les trémeau étaient ils à Bazoches depuis l’époque romaine ou furent ils attirés par la perspective d’un travail assuré lors de la construction de Vezelay ?

Léonard n’en savait absolument rien, la mémoire familiale n’allant pas si loin.

Mais une chose lui était sure, le sang et la sueur des Trémeau baignaient la vallée de Bazoches.

village de bazoches

Le hameau de Montjoumé se trouve en lisière du bois de Bazoches au nord du village

Il s’était marié vers les années 1630 avec Paulette Monin.

Respectant les règles de l’endogamie professionnelle et géographique il avait pris femme dans une famille de tuilier, de Champignol le bas un petit hameau de Bazoches. Il avait 27 ans et Paulette 25.

Il se souvenait même d’avoir aperçu le roi Henri alors qu’il avait accompagné son père à une foire dans la ville d’Autun.

Ils travaillaient tous deux , lui à la tuilerie et aux gros travaux agricoles et elle s’occupait des bêtes.

La majorité des tuiliers possédait un lopin de terre et quelques animaux.

Léonard avait la chance de posséder un bœuf qui lui servait pour le foulage de l’argile et pour les travaux des champs. Ils vivaient en autarcie.

La vie était rude, le cens , le champart, la taille, et la dîme pesaient lourdement sur les ménages. Les tuiliers moins soumis aux aléas sur les cultures arrivaient les bonnes années à améliorer leur ordinaire par quelques piécettes.

Les tuiles que façonnaient Léonard étaient déjà vendues au château pour la réfection de l’une des tours d’angle

En 1653 Paulette se retrouva enceinte, elle avait 50 ans . S’apercevant trop tard de sa grossesse elle ne put avoir recours à une faiseuse d’ange et accoucha d’un magnifique garçon. Ils le nommèrent Pierre, prénom très usité dans la famille.

De léonard et de Paulette il ne restait qu’un fils vivant, appelé Jean le père vit donc arriver cet enfant de la providence avec satisfaction.

Les années passèrent, le règne de Louis le Grand se poursuivait dans les fastes de Versailles et Léonard se courbait chaque jour d’avantage.

Il lui arrivait de croiser le seigneur du lieu, le grand Vauban qui entre deux sièges venait se ressourcer en son château de Bazoches et ou il écrivait ses traités de Poliorcétique. Léonard se découvrait comme il se doit et parfois le maître adressait quelques mots au tuilier. Ce seigneur n’était ni mieux ni pire que les autres et la perception de ses droits se faisait sans barguigner

Dans les campagnes, les fils succédaient au père, la famille Trémeau ne faisait pas exception et Pierre et Jean poursuivaient le labeur ancestral.

Léonard et Paulette eurent le bonheur de voir leurs deux fils se marier avec deux sœurs, Claudine et Pierrette Landonneau et de voir arriver beaucoup de petits enfants.

L’aïeule partit en premier à l’age vénérable de 80 ans, l’existence de Léonard se prolongea 6 ans, il s’écroula au pied d’un four en 1689 à l’age canonique de 85 ans

Mais en cette fin de siècle les affaires périclitaient et Jean avec sa famille dut partir s’installer sur la commune d’Asnières sous Bois ou bien sur il exerça son métier de tuilier.

carte-bazoches-morvan

Arbre généalogique complet : http://www.geneanet.org/profil/tramchat/Pascal-Tramaux

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